Après les JO, faites du sport !

Si l’on doit parler de réussite en matière de JO, la plupart des spécialistes s’accordent à dire que ces jeux sont un véritable succès, en matière d’organisation comme du point de vue sportif. Il faut dire que ce n’est pas la première fois que la capitale britannique accueillait ces événements de grande ampleur, et que la ville était déjà de taille à recevoir une multitude de personnes dans d’excellentes conditions. Les 14 milliards d’euros déboursés par l’État britannique pour garantir le bon fonctionnement de ces jeux sont bien loin des quelques 33 milliards investis par la Chine en 2008, mais les moyens mis en œuvre restent considérables. Ce sont 4000 militaires et 24000 agents de sécurité qui auront été déployés sur les sites pour recevoir les 10500 athlètes et leurs 7 millions de spectateurs.

Les cérémonies d’ouverture et de clôture ont attiré notre attention. Impressionnantes, pleines de créativité et de surprises, elles peuvent être estimées dignes des jeux attendus. Leur coût final d’environ 50 millions d’euros chacune est également à la hauteur du spectacle présenté. Et une question se pose : n’est-ce pas trop ? Cela correspond-il vraiment à l’esprit olympique, ou n’est-ce pas aussi un étalage de moyens pour démontrer les richesses et capacités du pays hôte, en glorifiant à l’excès son image ? Les cérémonies en elles-mêmes sont une bonne chose, elles contribuent à l’univers des JO, et permettent aux athlètes d’être eux aussi, à leur tour, spectateurs d’un soir, en se plongeant dans une autre dimension du sport. Cependant, sans doute pourraient-elles être réalisées avec autant de grandeur pour honorer l’olympisme, et à moindre coût, ce qui permettrait par exemple, de réduire le prix des billets. Après tout, a-t-on vraiment besoin d’un David Beckham apportant la torche en hors-bord, d’un « saut en parachute » de la reine, ou d’un concert des Spice Girls ?

On se demande surtout comment le prochain pays assurera ces véritables shows sans s’endetter pour 30 ans ! Car c’est bien cela le principal défi du pays hôte : réussir à surmonter le coût des dépenses, en exploitant au mieux les infrastructures créées pour l’événement Et ceci est loin d’être aisé, Pékin peut en témoigner : son célèbre Nid d’Oiseau construit pour l’occasion des JO de 2008 accueille bien quelques compétitions d’ordre mondial de temps en temps, mais de nombreuses installations sont aujourd’hui abandonnées. Quand à la Grèce, c’est bien pire. Après avoir fait construire les aménagements sportifs en 2004, l’État n’a pas été en mesure de les entretenir. Actuellement, seulement 8 ans après les jeux d’Athènes, les sportifs grecs ont les plus grandes difficultés pour s’entraîner avec du matériel et des équipements de qualité, alors que des enceintes non entretenues rouillent à proximité. En ce qui concerne la ville de Londres, la reconversion des sites olympiques semble avoir été plutôt bien prévue : le stade d’athlétisme est censé devenir le stade de l’équipe de football de West Ham, de nombreuses structures sont démontables et pourraient même être utilisées pour Rio 2016. De plus, les habitats des sportifs au village olympique seront en partie mis à la disposition d’une association, et en partie revendus à un promoteur privé.

Mais le reste du bilan semble plus mitigé. À l’image du gouvernement britannique, faut-il ne pas nous préoccuper des 30 % de baisse du tourisme en Grande-Bretagne durant l’été sur les autres sites que les stades, de la hausse prévue de seulement 0,3% du PIB national au 3e trimestre, et des très faibles retombées économiques sur les ventes des commerçants londoniens (+0,1 % en juillet), pour mieux retenir les 1,27 milliards d’euros apporter par la vente de produits dérivés (made in China ?), et entrevoir les 16,5 milliards d’euros prévus d’effet à long terme, notamment sur les droits de rediffusion ?
Alors, place à Rio ? Pas encore ! Tandis que nous reprenons la direction des salles de classes, des images des jeux pleins la tête, certains attendent peut-être avec impatience les prochaines éditions olympiques. Pourtant, pour les amateurs de sport, le spectacle est loin d’être fini. La flamme brille toujours au dessus du stade londonien, et jette sa lumière sur une compétition d’un niveau tout aussi relevé : il s’agit bien entendu des Jeux Paralympiques ! Croyez-moi, voir des athlètes handisports courir un 100m en à peine une seconde de plus que les athlètes dits “valides”, cela vaut le détour ! Ces rendez-vous sportifs de première qualité ne connaissent pourtant pas encore le même succès que leurs équivalents olympiques. Il faut souvent attendre la vingtième page des quotidiens sportifs pour dénicher quelques informations les concernant. Nettement moins médiatisés (on s’y attendait), ils ne bénéficient pas de la couverture totale de France TV. Cependant, suite à une pétition, les cérémonies sont diffusées en direct sur France Ô, et des magazines sont présentés quotidiennement sur France 2 et 3. On espère que l’essor de ces Jeux Paralympiques continuera de s’accroître Plus forts, impressionnants et émouvants que les jeux dits « normaux », ils méritent de toucher un public beaucoup plus large ! Pensez à ce que tous ces athlètes ont du endurer pour en arriver là, pour se relever, accepter leur handicap, le surmonter, et dépasser les limites qui leurs étaient imposées. Alors à vous qui lisez ceci, à vous qui êtes assis sur une chaise ou appuyé contre un mur, vous qui êtes en pleine possession de votre corps, je dis : allez-y, foncez, profitez-en, faites du sport !

AB

Article complémentaire à lire : Tops et flops des JO de Londres
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