Club de Rome : Iceberg droit devant ?

Connaissez-vous le Club de Rome ? Eh bien, vous devriez. Car cette association a rendu en mars dernier un rapport alarmant sur l’état écologique et économique de la planète, et critique violemment le système de croissance économique mondial.

Tout commence en 1968. À cette époque, nous sommes encore dans la période des Trente Glorieuses, une ère bénite pour les économies occidentales : croissance à deux chiffres pour les pays industrialisés, pas de chômage. C’est dans ces conditions qu’est fondé le Club de Rome, une réunion d’intellectuels et d’entrepreneurs européens, qui se donne pour mission d’étudier l’avenir du système de croissance économique des pays occidentaux. Pour ce faire, il commande un gigantesque état des lieux au prestigieux Massachussetts Institute of Technology (MIT, pour les intimes). Les conclusions de l’université américaine -publiées en 1972 sous le titre de Limits to the Growth- sont terribles : si nous n’arrêtons pas immédiatement toute croissance économique et démographique, nous courrons vers une catastrophe écologique et humaine sans précédent. Pourquoi ? Car si la croissance peut sembler infinie, les ressources naturelles, elles, ne le sont pas. C’est un peu comme si vous laissiez un nénuphar grandir dans un étang : mettons qu’il lui faille 30 jours pour recouvrir l’eau, vous pouvez le laisser croître pendant 29 jours, mais après, il ne vous restera qu’une seule journée pour sauver la mare. Et l’université pense que ce jour est arrivé : la production industrielle et la population mondiale sont devenues trop grandes, les ressources s’épuisent pendant que la pollution augmente. Et lorsque les énergies fossiles viendront à manquer (ou seront devenues trop chères pour être utilisées), notre système s’effondrera : le MIT prévoit une chute terrible de la production industrielle, une quasi-disparition de la production de services, et même (!) une diminution des quotas alimentaires, amenant à une famine dans plusieurs pays -devant ramener à un équilibre démographique. Et pour les survivants, une forte dégradation du niveau de vie. Un joli programme, en somme, que l’université prévoit dans les années 2030. Pour empêcher ce choc, les chercheurs préconisent une limitation mondiale des naissances (ce qui est politiquement impossible), et une transition rapide vers des sources d’énergies 100% renouvelables. Et sur ce dernier point, force est de constater que peu de progrès ont été fait depuis 40 ans. Voila pour le rapport de 1972. Et puis, le temps passant, il fut progressivement oublié. Mais le 1er mars 2012, rebelote : le Club de Rome publie un nouveau rapport (lui aussi signé du MIT) confirmant la catastrophe, et l’avançant même pour les années 2020 ! La date de la publication n’a pas été choisie par hasard : pour fêter les 40 ans du premier rapport, et un mois avant le centenaire du naufrage du Titanic, qui sombra car il était trop lent pour manoeuvrer, et parce que son capitaine ignora jusqu’aux derniers instants les messages d’alertes des navires voisins. Certes, les conclusions des comptes-rendus peuvent paraître aberrantes, et de nombreuses voix se sont élevées pour critiquer ce scénario, notamment plusieurs Prix Nobel d’Économie qui lui reprochent de mépriser les lois fondamentales de notre système. D’autres intellectuels soutiennent que le Club n’est qu’un petit groupe de catastrophistes comptants sur la peur pour prospérer.

Alors, le Club de Rome, visionnaires ou imposteurs ?

PL

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