Mais pourquoi les super-héros ont-ils autant le vent en poupe ?

Impossible ces derniers mois d’échapper à la déferlante de films basés sur les comics, et leurs pages regorgeant d’aventures de super-héros. Ces adaptations ont pourtant débutées dans les années 40 et après les très moyens « Captain America » et « Green Lantern » l’an dernier, on pensait le genre quelque peu essoufflé. Que nenni ! L’année 2012 n’a jamais été aussi rentable pour les justiciers masqués. Jugez plutôt : « The Amazing Spiderman », « The Dark Knight Rises » et « The Avengers » se classent, en très, très peu de semaines, respectivement quatrième, deuxième et premier du box-office mondial de l’année. Plus incroyable encore, « Avengers », qui réunit dans son intrigue pas moins de 6 super-héros différents, accompli un exploit remarquable en entrant triomphalement à la troisième place du classement historique des plus gros succès de tous les temps, derrière « Avatar » et « Titanic » de James Cameron, et détrônant sans vergogne le dernier volet de la saga Harry Potter.

Encouragés par ce succès, plus de huit films de cet acabit se préparent à sortir sur nos écrans en 2013/2014 : les suites de « Thor », « Spiderman », « Captain America », « X-Men First Class », « Iron Man », « Wolverine », ou encore une nouvelle adaptation de « Superman » (malgré l’échec de la version de 2006)…

Mais alors pourquoi, pourquoi la recette continue-t-elle de fonctionner, encore et toujours ? Pourquoi un tel engouement autour de ces sagas, généralement bien en dessous de la qualité scénaristique que nous offrent de nombreux films, plus confidentiels ? Pourquoi cette fascination envers ces hommes costumés ?

Soyons honnêtes, dans la « vraie vie », quelqu’un qui agirait comme un super-héros aurait de grandes chances d’être considéré comme un terroriste. Oui, on nous dira que, lorsque les premiers comics sont apparus, après un krach économique aux États-Unis, et avec la guerre, leurs héros véhiculaient une image rassurante, des valeurs défendues, une victoire du Bien sur le Mal, des idées dont les gens avaient besoin, et cætera. Seulement, aujourd’hui, cela n’a pas beaucoup changé, et la violence contenue dans ces intrigues laisse dubitatif sur leur bien-fondé, de même que la schizophrénie quasi-systématique des personnages. Est-ce vraiment cela que nous souhaitons désigner comme un « exemple » ?

Si nous laissons de côté ces questions dérangeantes, et que nous interrogeons les fans autour de nous, on s’aperçoit qu’ils ne cherchent pas à approfondir ces interrogations. Pour eux, les supers-héros, c’est une manière d’appréhender le monde adulte, une porte ouverte à l’imagination, aux rêves et aux fantasmes. Quoi de plus enviable qu’un « monsieur-tout-le-monde » qui se transforme, d’un simple costume, et au besoin, en un justicier presque déifié capable de sauver le monde à lui tout seul ? Sans doute qu’au fond, tout le monde aimerait qu’une telle personne existe, ou du moins, que cela reste dans le domaine des possibilités. Que quelqu’un, quelque part, soit capable de résoudre les problèmes dans lesquels nous nous enfonçons. La fonction des super-héros, c’est peut-être ça : offrir la vision d’un monde rassurant à une société qui s’inquiète. Une société qui veut voir le Bien triompher du Mal. Et qui, pour cela, se rend chaque mois dans une salle obscure, pour voir… Un film, à défaut d’une réalité.

AG

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