Le printemps Arabe

Il y a deux ans les journaux télévisés montraient des images de rassemblements important en Tunisie, les foules criaient  « Ben Ali dégage ! ». Cette étincelle provoquée par la Révolution du Jasmin enflamme tout le monde arabe, c’est le début du Printemps Arabe, un printemps qui dure toujours dans certains pays comme la Syrie. C’est le besoin de démocratie qui pousse les manifestants à sortir dans la rue pour s’opposer aux régimes totalitaires mis en place. Ces manifestations se transforment rapidement en émeutes parfois très violentes opposant les révolutionnaires et les fidèles au gouvernement en place. Ce « réveil arabe » a fait plus de 51 500 blessés et plus de 68 753 morts, ces chiffres ne cessent d’augmenter chaque jours. Mais que reste-t-il de ce printemps ?

La révolution qui toucha le monde arabe est avant tout une révolution de la jeunesse qui est considérée comme le moteur de la révolte mais aussi un enjeux important pour les hommes politiques arabes à venir. Les jeunes de 15-29 ans sont 100 millions et représente un tiers du peuple arabe. Cette jeunesse qui est aujourd’hui mieux éduquée est plus à même de remettre en cause le système politique inégalitaire.

Les femmes aussi jouent un rôles important dans la révolution. Les femmes, qui traditionnellement cloîtrées et mises à l’écart ont pris une part active aux mouvements révolutionnaires, jouant parfois le rôle de leaders. Elles représentaient 10 à 15% des manifestants en Egypte. Sur la place Tahrir au Caire, un rapport respectueux s’instaure entre hommes et femmes même si elles devaient rester dans un carré entouré de barrières pour empêcher les hommes d’approcher.

En Egypte, Libye et Tunisie les gouvernement politiques mis en place sont autoritaires et oligarchiques qui pour rester en place créent de multiples polices. Ces services de maintien de l’ordre n’hésitent pas à utiliser la torture pour obtenir des aveux, les arrestations arbitraires ne sont pas rares. Ces États policier dirigés par des militaires sont accusés d’entrave à la liberté, de corruption, de détournement de fonds publics, souvent enclin au népotisme et notamment à la transmission héréditaire du pouvoir, voir même d’accusations de viol pour l’ex-président libyen, le général Mouammar Kadhafi, autant de faits qui ont de quoi exaspérer et révolter le peuple arabe.

Le Maghreb n’est pas épargné par la crise économique qui sévit dans le monde. La région est très touchée par le chômage, les plus touchés sont les 15-29 ans qui représentent 90% des chômeurs malgré leur niveau d’étude. Le chômage est accompagné de fortes hausses des prix alimentaires, le cours des céréales et du sucre atteignent leurs plus hauts niveaux historiques. De plus la baisse des ressources des pays arabes est causée par la chute du prix des matières premières de 40% et des exportations de 30,6%.

Zine el-Abidine Ben Ali, ancien président et premier ministre de la République tunisienne, il mena une grande carrière militaire, il est notamment diplômé de l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr. Il gouverna pendant 23 ans suite à son coup d’État en 1987 et fut élu lors de quatre mandats, il est aussi à la tête du Rassemblement constitutionnel démocratique (RDC). Lors de ses 23 années de pouvoir, Ben Ali met en place l’égalité entre les citoyens de deux sexes, il refuse d’utiliser l’islam à des fins politiques et réprimande sévèrement les actions islamistes. Toutefois le clan Ben Ali est accusé de corruption, de noyauter le pouvoir, le gendre de Ben Ali, Sakhr El Materi est propriétaire de la Banque Zitouna et de concessions automobiles, il contrôle aussi le groupe de presse Dar Assabah qui publie les deux principaux journaux du pays. Certains observateur qualifient la famille Ben Ali de « clan quasi-mafieu » et ils définissent le régime benaliste de « kleptocratie ». Après l’arrestation et le procès de l’ex-président tunisien, un gouvernement de transition est créé avec à sa tête Mahamed Ghannouchi qui était le premier ministre de Ben Ali, il regroupe de nombreuses autre personnalité du RDC. Les tunisiens se révoltent, qualifiant ce gouvernement de farce, il est dissous suite à des manifestations. On verra de nombreux gouvernements provisoires défiler tous rejetés à cause de la grande majorité de personnalités du RDC présentes. Finalement un gouvernement est voté le 24 décembre 2011, il est composé en grande majorité du mouvement Ennahda qui est un parti politique islamiste. L’Ennahda est intimement lié au Frères Musulmans. Les pays européens craignent une montée de l’islamisme. Quant à l’économie, elle se remet lentement sur pied, le coût total des destructions du à la révolution est évalué à 1,4 milliards d’euros. Mais le secteur de l’industrie exportatrice connaît une forte hausse de son activité, 18,5% au premier trimestre 2011 par rapport à l’année précédente. Cependant, l’activité du tourisme a baissée de 50% sur les quatre premier mois de l’année. La Banque centrale tunisienne prévoie un croissance de 1% mais cette croissance ne permettra pas de fournir du travail au cent quarante mille demandeurs d’emploi qui été attendus en juillet 2011.

En Egypte, c’est Hosni Moubarak qui lui aussi après une prestigieuse carrière militaire est élu en 1981, il sera au pouvoir durant 29 ans et sera réélu quatre fois. Moubarak est impopulaire dans le monde arabe et au près des milieux religieux musulman du fait de sa position qui est considérée comme pro-israélienne. Pourtant l’ex-président égyptien reçoit le prix de « meilleur réformateur mondial » de Doing Business en 2007 suite à sa politique économique qui consiste à développer le secteur privé principalement par privatisations d’entreprises publiques. Mais l’Egypte est touchée de plein fouet par le crise et le taux de pauvreté (personnes vivant avec moins de 2 $ par jours) est de 39%. Lors de la Révolution du papyrus, les mesures misent en place par Hosni Moubarak sont impressionnantes, comme par exemple la mise en place de violences ordonnées. Des tireurs d’élites étaient placés sur les toits des bâtiments et devaient abattre les manifestants. Le gouvernement coupe le réseau internet et de téléphonie mobile pour éviter que les manifestants s’organisent. Après la chute du président égyptien, l’armée proclame la suspension de la Constitution et dissout le parlement, ce qui laisse place à un période transitoire de six mois. Elle s’accapare le pouvoir législatif et exécutif. Mais le peuple s’impatiente et craint la mise en place d’une junte militaire. Le 22 février, un premier remaniement ministériel a lieu, un ministère est confié à un membre des Frères Musulmans, un autre au parti marxiste. Dans les grands débats de la démocratie en construction, figure la place de l’islam en Egypte. Le président égyptien est Mohamed Morsi, il est président du Parti de la liberté et de la justice qui est une formation politique issue des Frères Musulmans, ce qui a effrayé la plupart des coptes qui pensaient subir de nouvelles vagues d’attentats et de persécutions. Quant à la situation économique du pays, elle n’est pas très glorieuse. En 2011 le PIB a diminué de 4,2%, le secteur du tourisme connaît une énorme baisse, la perte enregistrée est estimée à 1,6 milliards d’euro, l’industrie aussi est touché (12% de baisse), les transports (10%) et la construction recule de 9%. Le nouveau gouvernement augmente les salaires dans la fonction publique et des pensions de retraite de 10 à 30%, ce qui creuse encore le déficit budgétaire, déjà de 8,4% du PIB. De plus la Banque mondiale avertit que l’inflation continue et rapide des prix alimentaire (36% par an) risque de plonger 10 millions d Egyptiens dans la pauvreté. Des émeutes de la faim peuvent voir le jours comme en 2008.

Les pays du monde arabe (Egypte, Tunisie, Libye et Yémen) qui ont été ébranlé par le Printemps arabe ont réussi à mettre en place une démocratie. Mais cette démocratie est encore instable, et de nombreuses personnes craignent que le pouvoir soit à nouveau noyauté pour imposer un régime totalitaire à ces peuples libres. De plus, les femmes malgré leur implication dans les révolutions ont vu une partie de leurs droits spoliés et leur rôle dans la société a encore été réduit, avec notamment une commission exclusivement masculine et la mise en place de la charia (lois islamiques) en Égypte. La santé économique des pays est variable mais elle quand même dans un état de régression. Cet éveil arabe laisse souffler un vent de démocratie sur ces pays qui ne l’ont parfois pas connue depuis plus de 30 ans, et laisse un espoir à tout les peuples opprimés par un régimes totalitaire de se libérer et de choisir le gouvernement qu’ils souhaitent.

LZ

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