Exposition Edward Hopper, une vision de l’Amérique

Paris 8e, il fait froid, je ne sens plus mes pieds, je me maudis intérieurement – pourquoi ai-je mis mes Vans® ? –  et je brave les vents glacials de décembre tel un explorateur du grand Nord. J’arrive enfin face au Grand Palais et là… la queue. Devant l’affiche de l’exposition d’Edward Hopper une masse humaine s’attroupe, trépignant. Heureusement j’ai réservé à l’avance, j’avance vite, je gravis les grandes marches et passe le détecteur de métaux avec succès – non je n’amène pas de bombe à une exposition de peinture –, et oh, Joie ! Le chauffage ! Mes pieds sont ressuscités par cette douce chaleur et je gravis ou plutôt me laisse porter par les trois grands escalators avec des fourmis dans les pieds.

Enfin, le début de l’exposition, celle d’un peintre américain du XXe siècle dont le style à la fois impressionniste et réaliste a changé l’image de l’Amérique. Style qu’il a acquis durant ses nombreux séjours en Europe, notamment en France. Il se met à voyager partout aux États-Unis pour peindre des paysages ou des scènes  banales de la vie quotidienne qui sortent des clichés américains. Mais on ne voit pas que cela ! On voit son évolution, ses débuts, son travail dans le dessin d’affiches pour des magazines, ses échecs, ses victoires, bref… Sa vie.

Mais qui est Edward Hopper ?

Hopper c’est la désillusion de l’Amérique, une Amérique sans frénésie suspendue dans le temps, déconnectée. Quand on regarde un de ses tableaux on se sent comme happé par le décor, et s’installe en nous un étrange silence à la fois angoissant et paisible ; puis, un son. Celui du vent lorsque qu’on voit un paysage, celui d’une lampe qui grésille à la vue de Nighthawks ou encore celui des pas d’un inconnu dans la rue quand on est face au Drugstore. Puis cette éternelle solitude, le point central de son œuvre, la solitude d’une femme à sa fenêtre, celle d’un homme dans une station essence vide. Ce côté irréel, ce côté éphémère, comme si quelqu’un pouvait à tout moment  rompre ce cadre à la limite du fantastique. Est-ce la fluidité du coup de pinceau, ce côté flou des paysages qui donne cette sensation ? Ou bien simplement le cadre tout à fait banal de cette Amérique étrangement silencieuse ?

Je sors de l’exposition avec le sentiment d’avoir découvert une toute nouvelle vision de la peinture et un style à part entière. Je me rue dans la boutique de l’exposition cherchant le livre de l’exposition, je le trouve, vois le prix, achète un marque-page à la place. Je sors dehors, il fait nuit, je reviens dans mon monde, celui du bruit et des gens. Mais avec un fragment de silence, de solitude dans la poche : le marque-page.

Emma Bloch-Mazier

Exposition Edward Hopper au Grand Palais jusqu’au 3 février 2013 avec réservation (si vous ne voulez pas perdre vos pieds !)
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