Billet d’humeur : La Guerre de Syrie

A l’heure où nous écrivons ces lignes, le massacre chimique de Damas responsable de la mort de centaines de syriens remonte à 12 jours. La réplique occidentale, d’abord pressentie imminente, a été repoussée, si bien que les différents gouvernements sont désormais empêtrés dans leurs procédures internes et laissent s’installer le doute.

Mais pourquoi diable les Obama, Cameron, Hollande ont-ils soudainement décidé de partager le pouvoir exécutif qui leur est conféré par le peuple avec leurs parlements respectifs ? N’ont-ils pas toutes les clefs pour prendre les décisions qui s’imposent ? Cameron a dû se retirer de l’opération après le « non » de la chambre des Lords alors qu’il était favorable à l’intervention. Obama l’est tout autant, mais remet tout le programme entre les mains d’un Congrès où son administration est en minorité face à des Républicains qui pourraient se faire une joie de le contrer … Le président Hollande doit donc temporiser et solliciter un débat à l’Assemblé Nationale complètement inutile, un vote n’étant pas à l’ordre du jour !

Un des principaux arguments des opposants à des frappes qui viseraient à neutraliser le complexe militaro-chimique d’ Assad est que nous se sommes « pas sûrs que le régime syrien soit responsable ». Vraiment ? Il y a plusieurs mois, des journalistes du Monde ont pourtant rapporté témoignages, photos des attaques au gaz dont les rebelles sont victimes. Concernant l’assaut du 21 août, les meilleurs services de renseignement (américains, français) affirment avec certitude avoir des preuves évidentes impliquant l’état-major syrien. Et la Syrie ce n’est pas l’Irak, nous n’y allons pas pour le pétrole, sinon croyez bien qu’on n’y aurait pas laissé des gens mourir depuis deux ans et demi. On y va pour les droits de l’Homme, qui y sont bafoués, et c’est se voiler la face que de ne pas le reconnaître.

Et quand bien même il n’y aurait pas eu d’attaque chimique, le principe reste le même. Réfuter les preuves qui s’offrent à nous, c’est accepter 100 000 morts sous les balles pour 1000 morts sous les gaz. Si nos conventions internationales rejettent formellement l’utilisation de ces substances, tout autre type de crime de guerre est-il à nos yeux acceptable ?

Alors certes, réagir est risqué. Dans les rangs rebelles combattent des djihadistes, mais ceux-ci clament que seule la vraie foi permet de gagner la guerre, pas les occidentaux passifs. Ne pas frapper leur donnerait raison. Une punition militaire pourrait aussi enflammer la région. Elle enverrait plutôt un message fort aux groupes armés, et surtout, montrerait à l’Iran que nous ne sommes pas prêts à laisser les armes de destruction massive proliférer. Sinon, pourquoi feraient-ils des concessions sur leur programme nucléaire ? Et si Bachar Al-Assad n’est pas sanctionné, il rira des nations étrangères et de leurs principes, et rien ne l’empêchera de recommencer.

Se ranger à des enjeux politiques, économiques des projections militaires, c’est laisser sciemment des gens mourir. C’est une option, mais quoi qu’il en soit, le choix doit être fait rapidement. Et assumé.

GG

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