[Carré Ciné] Janvier 2014

Deux films ont retenu l’attention cette semaine, l’un pour son sujet intrigant et sa distribution, l’autre pour l’obtention du prix du jury au dernier festival de Canne.

Tel père, tel fils : de Hirokazu Koreeda.

À travers deux familles japonaises dont les enfants âgés de six ans ont été échangés par une infirmière à la naissance, le réalisateur traite le sujet de la parentalité déjà abordé dans son film précédent (I WISH), d’une manière encore plus radicale. D’un côté, une famille bien comme il faut : le père cadre sup’, la mère femme au foyer et l’enfant unique, et d’autre part la famille inconventionnelle possédant un magasin délabré, trois enfants turbulents et un père en constante dilettante. L’intérêt est bien sûr de traiter de la rigidité des moeurs d’un pays, mais surtout de la question de la paternité. À travers le parcours de ces familles que tout oppose dans cette épreuve qui les réunit malgré tout, la question posée est philosophique : « peut-on élever en connaissance de cause un enfant qui n’est pas de son sang, et s’interdire de connaître sa progéniture biologique ? » Au vu de la gravité du sujet, l’on pourrait craindre de tomber dans le mélodrame, mais cette question est traitée sans lourdeur, grâce à des plans épurés et toujours justes, remplaçant parfois les mots et des dialogues laconiques qui révèlent bien plus que ce qu’ils font
paraître. En somme, un film beau et des choix judicieux au niveau du scénario et de la mise en scène, un tact de réalisation et l’intelligence nécessaire pour traiter ce sujet en impliquant émotionnellement le spectateur.

Don Jon ou la vie d’un accro au porno

À la vue d’un premier film de l’acteur talentueux qu’est Joseph Gordon-Levitt, des critiques élogieuses et d’une bande-annonce rythmée et efficace, la curiosité est plus que piqué. Malheureusement la bande-annonce nous avait déjà révélé toutes les séquences intéressantes du film. Le personnage principal, joué par le réalisateur, n’a « que très peu de choses auxquelles il tient dans la vie » et le film gravitant autour de son corps, son appart, sa caisse, sa famille, son église, ses potes, ses « filles » et surtout son porno qui est aussi futile que ces dernières. L’histoire est très répétitive, et les thèmes traités trop légèrement pour être intéressants. Sous couvert d’une satire complète de l’Amérique (hypocrisie familiale et religieuse, comportement social, American dream, machisme, conventions et clichés), le scénario se permet d’être creux et finalement sans réel humour ni intérêt. Bien que Joseph Gordon-Levitt, Scarlett Johansson, et Julianne Moore restent de très bons acteurs parfaits dans leurs rôles, le dénouement est ultra prévisible et la morale de bas étage.

Top 5

On vous accuse souvent d’avoir fini en cachette le pot de Nutella alors que vous êtes allergique aux noisettes ? Ils ont vécu pire que vous : voici le top 5 des films où on essaie de faire passer le héros pour un fou :

  • Flight Plan (avec Jodie Foster)
  • Sans identité (avec Liam Neeson et Diane Kruger)
  • L’échange (de Clint Eastwood avec Angelina Jolie)
  • Intruders (avec Clive Owen)
  • Shutter Island (avec Léonardo Dicaprio)

AA

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Amad' dit :

    Je confirme! Prix du jury,  »Tel père, tel fils » est un vrai chef-d’oeuvre! Beau, sujet bien traité, original…  »Tout s’explique donc » comme dirait l’autre 😉

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