Vianney l’Interview

La Mouette a pu rencontrer Vianney, le nouveau nom de la chanson française. Une interview en toute intimité, dans la loge de l’artiste, les yeux dans les yeux. À l’époque Vianney n’était pas encore connu.

Vianney comment se sent-on juste de monter sur scène ? 

« Léo Ferré disait qu’il entrait sur scène comme quand il entrait dans sa cuisine, c’est à dire très simplement sans se poser trop de questions. En ce qui me concerne j’adopte sa philosophie. Je ne réfléchis pas, je ne pense qu’à l’accordage de la guitare, à m’échauffer un peu la voix. Quand j’arrive sur scène je n’ai vraiment aucune crainte. Je n’ai jamais eu peur, je n’ai eu jamais le trac »


Quelle sensation ressentez-vous lorsque le public commence à chantonner ? 

« Dès que le public commence à fredonner quelques paroles, le concert devient merveilleux. Un concert est un échange, je peux toujours donner, je donnerai toujours tout du début à la fin, mais je n’y vois pas l’intérêt si il n’y a aucune interaction avec le public. Le concert prend son sens dès que le public y participe. »

Ce soir des personnes venues de Bordeaux ont fait le déplacement uniquement pour vous, des enfants d’à peine 6 ans reprenaient vos paroles par coeur, qu’est ce que cela vous fait ? 

C’est énorme, mais c’est encore plus le cas quand on est dans une salle où les gens sont debout, ce soir les gens étaient assis et pas conséquent chantent moins. Je me rappelle d’une chose très étonnante. Dès la première date, j’ai remarqué que les gens chantaient, c’était très étrange, je ne m’y attendais absolument pas. Voir que le public est réceptif à cet univers était le plus belle chose à laquelle je pouvais m’attendre. Ce soir c’était ma première date devant un public assis, c’est bizarre. Il y a un côté théâtre, mais ce n’est pas plus mal. Les gens se lèvent progressivement, c’est amusant.

En parlant de concert, vous en avez fait beaucoup ?

Je n’ai pas encore fait beaucoup de date à moi, j’ai fait de nombreuses premières parties. Actuellement nous sommes en pré-tournée c’est à dire qu’on met en place petit à petit le spectacle. Ceci ne veut pas dire que je ne me donne pas à fond, j’en fais le plus possible ! La tournée commence réellement en octobre. J’ai pu acquérir une certaine expérience grâce à Florent Pagny qui m’a offert toutes les premières parties de ses 30 derniers concerts. En tout j’ai du faire 60 dates.

Vous vous souvenez de votre première fois sur scène ? 

Je m’en souviens comme si c’était hier ! J’en ai d’excellents souvenirs !  J’avais 14 ans, j’avais un petit groupe de rock avec mon grand frère et des copains, j’avais adoré cette expérience, je jouais hyper mal de la guitare à l’époque.

Racontez-nous votre scolarité ! 

Je suis né à Peaux, mais j’ai grandi à Paris. Puis j’ai suivi les cours de l’École Militaire de Saint Cyr, avant de m’inscrire dans une école de commerce puis dans une école de stylisme. Le Lycée Militaire fut très important pour moi. Je voulais étudier dans un endroit où il y avait une certaine mixité des genres, les gens venaient de toute la France. De plus je voulais voir des garçons, avoir un lycée sympa avec beaucoup d’amis. Mais surtout je souhaitais porter l’uniforme car pour moi l’égalité est primordiale.

L’école de commerce je l’ai fait car elle m’assurait d’avoir un travail plus tard, cela me permettait aussi de partir en vacances, de réaliser quelques projets, et faire en même ma petite musique, je faisais un peu ce que je voulais.

Pourquoi le stylisme ? C’est une vraie passion depuis que je suis tout petit. Cela peut s’entendre à la fois dans mes clips et dans mes paroles car la mode fait partie de moi. Quand je fais une chanson j’essaye de transmettre ce que je suis. Vous remarquerez que toutes mes chansons sont autobiographiques. « Je te deteste » et « Pas là » ont  été écrites pour une seule et même personne que j’ai tout d’abord détesté, puis qui m’a terriblement manqué. La musique, la mode se rapprochent dans le sens où toutes les deux sont issues de l’artisanat. Les vêtements tu peux les fabriquer de tes mains idem pour la musique.  Je suis en quelque sorte un couturier de la musique.

Enfance studieuse, et la musique alors ? 

Le passage entre les études et la musique s’est fait naturellement. Je travaillais mon album en même que l’école de stylisme, puis je l’ai enregistré sous un label. Ma manageuse a fait le tour des maisons de disques et une d’entre elle a montré un intérêt particulier « Tôt ou tard ». J’ai donc signé dans ce label en février 2014 alors que j’étais encore étudiant. Je faisais mon clip et en même temps je révisais pour mon diplôme de fin d’année. L’enchaînement s’est fait petit à petit car la musique est vraiment le point central de ma vie. Je ne me rends pas compte de tout ce qu’il m’arrive en ce moment. La médiatisation, les musiques qui passent en boucle sur les ondes, mon passage aux victoires de la musique. Cela ne me fait pas drôle de voir ma tête sur les affiches dans le métro ou d’entendre ma musique dans un magasin, car j’ai tellement bossé derrière avec mon équipe que j’ai intégré tous les paramètres.  Je peux comprendre que cela puisse paraisse étrange à entendre. En revanche je suis bien conscient que certaines choses ont changé, mais je vous assure que quand on est dans l’enchaînement on ne se rend compte de rien.

Quelle est la suite de Vianney ? 

Je ne sais pas ce qu’il va se passer, je fais ce que je dois faire, après suivra ou ne suivra pas on verra bien, tant qu’il y a de la musique je suis heureux, moi je continuerai à faire ce que j’aime.

Un truc à faire plus tard ? 

Il y a un endroit où j’adorerai aller chanter c’est aux Bouffes du Nord à Paris. C’est une superbe salle, je rêve de cet ancien théâtre, je rêve d’y faire un concert complètement en acoustique.

Un mot pour nos lecteurs ? 

Venez à mes concerts, je ne dis pas ça à tout le monde, je dis vraiment ça aux collégiens et lycéens. C’est à cet âge là que les ados sont vraiment géniaux, c’est à cet âge où il peut vraiment se passer quelque chose, les jeunes sont hyper curieux, ils n’ont pas peur de se marrer de chanter de s’exciter, je dirai très égoïstement venez à mes concerts, moi cela me ferait très plaisir.

Quelques jours après l’interview nous apprenions que nous allions recroiser le chemin de  Vianney aux Solidays ! 

Dans la salle de presse du festival, nous étions les seuls journalistes à ses côtés, l’artiste qui nous a reconnu accepta de continuer l’interview commencée quelques mois plus tôt. Les vouvoiements respectueux ont laissé place aux tutoiements amicaux. 

 

Vianney, voilà deux mois que nous nous sommes quittés, qu’est ce qui a changé pour toi ?

La Mouette vous m’avez manqué !

Beaucoup de choses se sont passées, tout c’est accéléré. Je suis passé des petites salles à des concerts devant des milliers de festivaliers. C’est assez impressionnant mais je suis ravis que mon tout premier gros festival soit ici sur l’hippodrome de Longchamp.

La solidarité des artistes se trouve-elle dans leur notoriété ? 

C’est exactement cela ! Tout d’abord notre rôle en tant que chanteur est de se produire et de donner du plaisir au public. Puis quand on nous demande de défendre une cause, on apporte à notre manière une pièce à l’édifice. Nous devons nous engager, c’est important, un peu de solidarité dans ce monde de tyran cela ne fait de mal à personne.

Solidays n’est qu’une étape pour toi cet été, comment vont se passer tes vacances ?

J’aime tellement ce que je fais et ce que je vis que pour moi les vacances c’est tous les jours. Il a quelques festivals qui se sont ajoutés au calendrier, j’ai hâte de re-monter sur scène, de trouver un nouveau public et de m’amuser tout simplement.

La Mouette 

Bash 

Crédit photo : ©Bash/La Mouette Bâillonnée

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