LA NIÈCE D’UNE VICTIME RACONTE

Vendredi 13 novembre 2015 au soir, 21h15, premiers coups de feu à Paris, l’information circule puis de nouveaux coups de feu, de nouvelles explosions, les médias se réveillent et nous y sommes: des attentats simultanés. Je suis les informations à la Télévision et sur Twitter. Plus les minutes passent,  plus le bilan s’alourdit un peu partout à Paris.Je panique, je ne comprends pas, je ne réalise pas ce qui vient de se passer. Un trou noir; les images du mois de janvier me reviennent en tête, l’attente, la peur, le doute et puis…

« Nous sommes le  vendredi 9 janvier et les jours précédents ont été plus que meurtriers, les attaques et les attentats se sont succédés. Et à 13h la nouvelle tombe, une prise d’otage est en cours dans l’Hypercacher porte de Vincennes. La journée passe, je suis inquiète, l’ambiance est lourde dans la classe. Un mélange de peur, d’incompréhension et de tristesse pour ma communauté trop souvent attaqué s’empare de moi. Je rentre chez moi puis j’apprends qu’un de mes proches était aux environs du magasin. Je m’isole, je prie pour sa survie,  sombrant dans un état second. Puis au bout de quelques heures j’entends des bruits, je sors de ma chambre et vois ma mère en pleurs.Je comprends, je réalise que ma vie déchirée en lambeaux est bouleversé à jamais. « Il » est mort. « Il » nous a quitté parce qu’il était juif, fusillé par une kalachnikov. Pendant des secondes interminables, j’étouffe, je pleure, je suis à l’agonie. Notre famille déjà si fragile est anéantie. Et les jours, les semaines, les mois qui suivent sont les plus durs et les plus sombres de mon existence. »

Aujourd’hui, le 14 novembre 2015, j’écris ce texte pour rendre mon émotion et de ma douleur partagées par la France entière. Les familles sans nouvelles de leurs proches sont morts d’inquiétude et le pire reste à venir. Comme moi il y a 10 mois, ils apprennent la triste nouvelle, impuissants. Les vies de centaines de français sont détruites. Et c’est un long chemin qui commence. Le pire reste à venir.

« Si tu voyais cela… »

Les parents cherchent leurs enfants et les enfants cherchent leurs parents. Je comprends leur souffrance pour l’avoir moi même vécu. Je me mets à leur place et souffre avec eux de cette injustice inhumaine et barbare. Paris s’est transformée en une apocalypse. Paris est un champs de bataille. Nous sommes en Guerre. Ce n’est que le début d’une longue guerre. Les mots me manquent pour exprimer ma tristesse, mon désarroi, ma colère, ma haine. Des innocents sont morts. Pourquoi ? Pour avoir voulu  profiter de la vie en allant à un concert, assister un match de foot où aller boire un verre. Des corps jonchent les trottoirs de notre capitale recouverts par des draps blancs que les parisiens jettent depuis les fenêtres de leurs immeubles. Ces terroristes ne sont pas des hommes et les principes qu’il « défendent » ne sont pas ceux de l’Islam. Pas d’amalgames.

J’allume une bougie et la pose sur le rebord de la fenêtre. Je regarde le ciel et me demande si nous pouvons encore avoir foi en l’Humanité… Vous, terroristes vous ne me changerez pas mon mode de vie. Je continuerais de sourire à la vie et de rigoler de votre ignorance et de votre bêtise tant que je le pourrais. Nous avons une fois de plus montré notre unité en nous rassemblant.  Je crois en la France et en sa rage de vivre. Tant que des gens se battront, se révolteront, les terroristes ne gagneront pas. Aujourd’hui le pays tout entier pleure ses citoyens. Mais je sais que la France se relèvera.

Oui nous pouvons garder espoir et nous devons garder espoir. Comme disait Charlie Chaplin:

 » Je dis à tous ceux qui m’entendent : Ne désespérez pas ! Le malheur qui est sur nous n’est que le produit éphémère de l’habilité, de l’amertume de ceux qui ont peur des progrès qu’accomplit l’Humanité. Mais la haine finira par disparaître et les dictateurs mourront, et le pouvoir qu’ils avaient pris aux peuples va retourner aux peuples. Et tant que des hommes mourront pour elle, la liberté ne pourra pas périr. »

Je conclus ce texte en adressant mes sincères condoléances aux familles des victimes, puissent-elles reposer en paix.

Ne perdons pas espoir.

Vive la nation, vive la France et vive la liberté!!

Elisa

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