« Je veux fumer de l’herbe de qualité »

« Je veux fumer de l’herbe de qualité, boucher le trou de la sécu en fumant mon tarpé, ne plus transpirer à chaque contrôle d’identité, qu’on arrête de me considérer comme un drogué »

Voilà bien des paroles qui hérisseraient les poils de la nouvelle Présidente de Région Madame Valery Pécresse. Elle l’avait pourtant annoncé dans sa campagne électorale. La toute fraîchement élue veut soumettre à tous les lycéens d’Île-de-France un  test de dépistage de cannabis.

Tel un leitmotiv elle déclare devant une assemblée de micros : “Il y a un lien entre addiction et décrochage scolaire”. Nous pourrions croire ses dires mais aucune étude scientifique n’est citée dans ses discours, pire l’Éducation Nationale n’en a jamais menée. Malgré cela, France Info explique que pour toute donnée fiable, il faut se tourner vers deux études étrangères. L’une est australienne et affirme sans surprise que les fumeurs quotidiens ont davantage de risques de rater leur diplôme que les élèves abstinents. L’autre étude nous vient tout droit d’outre-manche et affirme que les fumeurs occasionnels ne sont pas plus en situation d’échec scolaire que les autres. Pour couronner le tout un rapport de l’INPES de 2008 note que des problèmes de fond comme la perte de confiance en soi, les problèmes personnels, la difficulté à gérer la pression conduisent davantage au décrochage scolaire que la consommation de cannabis. Bref, Valérie Pécresse ne semble pas très bien informée …

Imaginons que cette mesure passe et que nous petits  bertholiens soyons forcés de faire ce test salivaire. Ce test, que dis-je… Le terme “d’essai” conviendrait davantage. Cet « essai » salivaire pose un problème d’efficacité à cause de la durée sur laquelle il agit : une dizaine d’heures.  Il suffit qu’un bertholien n’ait pas fumé son dernier pèt’ trop tard la veille pour passer entre les mailles du filet au petit matin. Imaginez Berthelot 2500 élèves, journée de dépistage grandeur nature, 2500 essais à analyser, il faudrait un très gros laboratoire pour analyser tous les échantillons en si peu de temps. Difficile à croire.  Et un simple bain de bouche avec un produit vendu en pharmacie permet de supprimer tous les résidus de cannabis. Bref, sauf à imaginer des « contrôles surprise », il suffira donc aux bertholiens fumeurs de cannabis de se sevrer quelques jours avant le test pour le passer haut la main. En revanche la Présidente de Région a affirmé ceci :

« La création d’un référent drogues et addictions dans chaque lycée dès la rentrée. Ce référent aura plusieurs outils. Un premier outil peut être un test de dépistage qui permettrait de faire un état des lieux. C’est légal, c’est déjà possible. Les proviseurs pourraient déjà le faire. C’est à la demande des conseils d’administration des lycées, c’est un des outils que je mets en place.  C’est un cadre légal qui est cadré par SOS Drogues info service. Ce test serait fait par des équipes médicales, dans le cadre du secret médical. »

Avoir un référent dans les lycées permettrait aux consommateurs réguliers d’être surveillés de plus près, de les accompagner dans un processus de prévention.

Quand bien même les résultats s’avéraient positifs, que se passe-t-il pour toi qui aurais fumé ?

« Les résultats ne seraient donnés qu’à l’élève, s’il est mineur à ses parents, et s’il refuse de se soumettre à ces tests, comme ce sont des tests de dépistage qui sont à vocation épidémiologique, l’idée, c’est de savoir si, dans la classe, il y a des problèmes de drogue ou pas. Si l’élève refuse de se soumettre, il est considéré dans le test comme positif. »

Et bien RIEN, enfin presque. Ton papa et ta maman seraient avertis, mais sinon rien. Le plan de dépistage de Valérie Pécresse ne propose aucune action donc aucune solution dans le temps suivant. Aucun soin ou action préventive ne sont prévus. L’élue LR a certes le mérite d’aborder la question de l’addiction chez les jeunes scolarisés, un débat important auquel les pouvoirs publics devraient s’attarder plus longuement, mais c’est une vision à très court terme qui est privilégiée et qui n’aidera sans doute pas les jeunes consommateurs.

Pour se faire notre propre idée sur la question nous avons proposé à de nombreuses reprises au conseil régional plus d’explications. Mais toutes les demandes d’interviews sont restées vaines.

En attendant que tout ceci s’éclaircisse, les paroles de Tryo resteront dans nos têtes et le groupe restera  l’incontournable de nos grosses soirées de BEAUFS.

La Mouette – Bash

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