Voici comment tout a commencé …

Vous êtes-vous déjà demandés comment tout a commencé ? Comment tout est arrivé ? Aujourd’hui rares sont les personnes qui connaissent la genèse de la Mouette, mais il y en a une qui sait mieux que tout le monde : son nom est Inès. Elle fut une des premières Rédactrice en Chef de la Mouette. Voici donc l’incroyable histoire de la Mouette Bâillonnée !

Peut-on dater l’apparition de la Mouette Bâillonnée ?

« Oui, le projet de création d’un journal à Berthelot naît vers mai/juin 2011 dans la tête de deux élèves de première, Antonin Laurent et Yannis Barron. Mais le journal apparaît vraiment en Septembre 2011. On est alors bien loin de ce que vous tenez entre les mains. La maquette était extrêmement simple, le journal ne paraissait qu’une fois par trimestre et l’équipe s’apparentait plus à une petite secte communiste dans son fonctionnement qu’au comité de rédaction hiérarchisé qu’on a connu par la suite. »

Et toi Inès, comment t’es-tu retrouvée au cœur de cet “embryon” journalistique ?

« Et bien tout a commencé en seconde, lorsque j’étais déjà une grande fan de la Mouette. Un matin, en lisant un billet moqueur sur le concert du lycée, j’ai rédigé une réponse aux lycéens qui osaient s’en prendre aux musiciens ayant eu le courage de monter sur les planches. Tout a commencé par un CLASH. Par la suite j’ai découvert qu’un des rédacteurs du billet, Antoine David, était le directeur artistique et le principal rédacteur du journal. Nous nous sommes rencontrés à la fin de l’année 2011-2012, alors que le noyau dur semblait prêt à s’éparpiller aux quatre vents à cause des admissions post-bac qui concernaient quasi tous les rédacteurs, et Antoine est venu me demander de reprendre la Mouette. Je ne m’étais jamais engagée excessivement dans le journal mais il a su me motiver et je suis partie à la recherche d’une équipe.

À la rentrée 2012, j’ai réussi à motiver quelques potes pour monter une nouvelle équipe mais cette année là un nouveau proviseur est arrivé. Nous lui avons présenté le journal, qui lui a plu, cependant il exigeait une hiérarchisation de l’équipe, notamment quand au poste de directeur de publication qu’il est obligatoire d’avoir dans un journal, et il a demandé à remplir cette fonction. C’est au cours de cette première réunion, qui mettait en place l’organisation hiérarchique du journal, que j’ai été élue rédactrice en chef. »

Quels ont été les premiers changements apportés par la Mouette ?

« Le premier changement a aussi été le premier conflit de l’équipe. En effet, donner le poste de directeur de publication au proviseur nous a confronté à un débat : céder l’autorité morale du journal aux « adultes », ce qui pouvait être vu comme une perte d’indépendance. J’aurais pu refuser de nommer le proviseur à ce titre car d’après la loi, si un journal lycéen est créé, il a le droit à la publication au sein de son lycée sans regard sur son contenu, bien que l’administration puisse interrompre sa diffusion si problème (relativement grave) il y a. Mais je n’ai pas voulu entrer en conflit avec l’administration en place. Pour moi la survie du journal primait ; de plus, je ne voyais pas l’intérêt d’un conflit ouvert avec l’administration. Le journal d’un lycée est certes tenu par ses lycéens, mais un lycée est aussi composé de l’administration, des professeurs, et des parents d’élèves. La bonne cohésion de ces différents partis est aussi nécessaire pour la bonne cohésion au sein du journal.

Le changement suivant n’était pas des moindres puisque suite à ma rencontre avec Maxence Andrieux, un passionné de design, la maquette de la Mouette est passée du journal lycéen « amateur » au journal au style affirmé et reconnaissable que vous connaissez.

Le dernier changement : passer d’un numéro tous les trois à quatre mois à une parution par mois ! Le pari était risqué mais nous étions ambitieux (et un peu fous sans doute). Je nous en pensais capable. »

Comment vous organisiez-vous pour chaque numéro ?

« À ce moment là un noyau dur de rédacteurs s’était formé et certains ont pris l’habitude de s’occuper régulièrement des carrés actualité, culture, tribune, cris de la Mouette, courrier des lecteurs… en y apportant leur touche personnelle. Alors bien sûr, ça tournait parfois en private jokes mais nous faisions en sorte de ne pas trop ressembler à une secte consanguine… enfin on essayait. De ceci sont nées les aventures du pingouin paumé par exemple, d’Emma Bloch Mazier, une chronique drôle qui rassemblait beaucoup de nos délires au seins du journal.

En parallèle les étudiants apportaient leurs articles sur tous les sujets imaginables ! Évidemment ce n’était pas toujours parfait mais j’essayais de m’appliquer à une politique zéro censure en ne m’autorisant à toucher qu’à l’orthographe et aux fautes de sens pour garder l’authenticité et le style de l’auteur.

De son côté Maxence passait des heures sur la mise en page de chaque article, peaufinant jusqu’aux espaces entre les caractères. Lorsqu’il restait de la place à combler, il me donnait un nombre de caractères et je me mettais au travail pour combler les trous, mais régulièrement je faisais publier mes articles, car j’aimais écrire.

Enfin, je suis obligée de parler du travail fabuleux des secrétaires de Berthelot, toujours disponibles pour relire, corriger, donner leurs points de vues et bien sûr imprimer les quasi 2000 exemplaires ! Si le journal fonctionnait c’était beaucoup grâce à eux. »

La nomination de M. Fils comme directeur de publication a-t-elle modifiée la ligne éditoriale de la Mouette ?

« Il arrivait de temps en temps que ma politique “zéro censure” entrait en contradiction avec les choix du Proviseur. Parfois c’était justifié, comme par exemple quant à un article sur le sexe plutôt lourd, mais c’était parfois exagéré à notre sens. Je me rappelle une fois où un numéro montrait en première page un rockeur fumant un joint et il avait voulu la retirer. Personnellement je ne pense pas que cette photo aurait pu inciter quiconque à fumer, surtout quand on connaît un peu les lycéens. Mais après, je comprends son point de vue, et surtout sa position. Je pense que le problème était là : nos positions radicalement différentes dans leur nature (moi rédactrice lui proviseur) amenaient forcément des intérêts différents ; pour moi, c’était garantir la liberté d’expression de lycéens qui devaient pouvoir s’exprimer sur les sujets de leur choix, en adoptant le point de vue qui les animait ; lui, c’était faire attention à ne pas amener la polémique au sein du lycée, et garantir son fonctionnement paisible.

J’ai donc dû apprendre à gérer cette relation particulière : la confrontation directe ne menait à rien, et nous passions parfois de longs moments à débattre et à modifier les articles problématiques ensemble, pour qu’ils conviennent le plus possible aux deux partis à la fois. Ainsi on m’a parfois reproché de ne pas avoir d’opinion, d’être à la botte de l’administration, mais durant deux ans mon but premier était la survie du journal, sa bonne parution, et cela supposait de devoir faire des concessions. »

Propos recueillis pas Baptiste Audidier – La Mouette Bâillonnée 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s