Débat des primaires ou débat primaire ? – Primaires de la droite et du centre – Premier round

Débat des Primaires ou débat primaire ?

Ils étaient sept derrière leurs pupitres, face à eux, trois journalistes…. Et quelques millions de français. Voici donc un (court) résumé de ce qui s’est dit pendant près de 2 heures 30.

Jean François Copé :

Première question, premier pique de Jean François Copé sur le quinquennat de Sarkozy. Il poursuit dans sa critique l’action des gouvernements de droite et de gauche et finit par asséner son slogan phare, celui de « La droite décomplexée ».

On pourrait  alors imaginer que la suite n’est qu’un enchaînement de vannes et de comparaisons sarcastiques et hors contexte… Eh bien non… Nous avons eu le droit à un Jean François Copé, droit dans ses bottes et ses convictions, agressif mais pas trop, convaincant, naturel et qui ne démordait pas. On retiendra de ses différentes interventions quelques prises de position étonnantes, notamment sur l’état d’urgence, ou sur l’embauche de 50 000 policiers, gendarmes, magistrats et  gardiens de la paix :

« Il faut faire de la sécurité le préalable du redressement du pays »

Mais aussi quelques « erreurs » :

A la question « Votre lutte fratricide avec François Fillon a laissé des traces dans nos mémoires, dites moi pourquoi irai-je soutenir quelqu’un à la tête de l’Etat, capable d’un tel comportement ? »

« Bah, tout simplement parce que le temps a passé …. »  

Comme si tout était une question de temps pour oublier…

Bruno Le Maire :

Le candidat du renouveau a fait un bon débat, quoique mitigé, pertinent sur certains domaines comme la privatisation de Pôle Emploi ou la mise en place de contrats « zéro heure », moins efficace sur d’autres sujets. On retiendra son absence de cravate (peut être pour avoir l’air plus jeune, plus « renouveau » ?) Mais aussi de grosses déceptions,  quant à son manque de clarté sur certaines réponses :

« Que faites vous d’un jeune mineur étranger qui consulte des sites djihadistes ? »

Réponse de l’intéressé : «  Quelle est la priorité d’Elisabeth Martichoux¹ ? C’est de garantir la sécurité, la protection de tous les français face à la menace terroriste. Cette menace, c’est une menace d’exception, c’est plus de 250 morts, c’est une inquiétude pour tous les français en permanence. Alors qu’est-ce qu’on  répond à cette menace d’exception ? On continue comme avant, ou non?  Ma proposition, c’est menace d’exception, justice d’exception… »

Plutôt hors-sujet me direz-vous.

Mais aussi des messages forts : « Si vous voulez que tout continue comme avant, vous avez tout ce qu’il vous faut sur ce plateau, mais si vous voulez que cela change vraiment, choisissez le renouveau »

Nicolas Sarkozy :

L’ancien président a semblé réservé durant toute la première partie, malgré des phrases chocs, autour du « choc migratoire important » et des initiatives remarquées « 37 h payées 37 ». Nicolas Sarkozy n’a émergé qu’en deuxième partie, notamment à l’évocation de ses affaires judiciaires, où il a rappelé les 5 non-lieux et l’acharnement judiciaire dont il dit faire l’objet. Pour ma part, j’ai cru entrapercevoir le Sarkozy de 2007, le Sarkozy du « Travailler plus pour gagner plus ». Finalement, il n’apporte rien de décisif ni de marquant, si ce n’est la pique lancée à Jean François Copé, qui restera dans la mémoire des téléspectateurs:

« La loi sur la burqa, pardon, JFC, ce n’est pas toi qui nous l’a imposée et tu étais bien incapable d’imposer, ni au premier ministre, ni au président de la République, quoi que ce soit »

Nathalie Kosciusko Morizet:

La benjamine de la primaire n’a pas su s’imposer dans le débat, étouffée par ses congénères, mais a créé la surprise par des propositions originales comme celle d’une redevance sur les produits halals, ou encore au début en parlant d’une « famille politique »:

« Nous appartenons à une même famille politique attachée aux valeurs républicaines de la droite et du centre, et pourtant nous avons des regards différents »

Nathalie Kosciusko-Morizet est restée floue et imprécise sur certains points, obligeant les journalistes a lui demandé d’être plus concrète, notamment sur la question de la suppression d’emplois dans la fonction publique :

 « Quels métiers concrets aujourd’hui ne seraient plus là demain ? »

« La plupart des missions non régaliennes. »

Alain Juppé :

A l’inverse le patriarche des Républicains a montré un calme, une précision et une rigueur qu’on lui connaissait de longue date, même lorsqu’a été abordée la question de sa condamnation: « Depuis, je me suis soumis au suffrage universel à plusieurs reprises. J’ai été battu une fois, j’ai gagné trois fois. ».

De ce débat, Alain Juppé n’est peut-être pas le vainqueur, mais il en sort comme le candidat le plus présidentiable!

« Plus il y a de déficit, plus il y a de dettes, et on va leur laisser un fardeau insupportable. »

On retiendra de ses interventions son fameux cri de guerre, « Je veux un Etat fort ! »,  ou encore, « La lutte contre l’immigration illégale est prioritaire ! » .

François Fillon :

Dire que François Fillon a créé la surprise serait mentir. Certes le candidat troisième dans les sondages, a su être clair et convaincant, mais pas percutant ni décisif.

Il est resté lui même tout au long du débat, même lors de la fameuse question sur l’élection à la présidence de l’UMP après la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012 évoquant «  un triste épisode » et appelant à « une démocratie exemplaire » .

Une phrase me reste en mémoire : « Aux français, j’ai toujours dit la vérité », ainsi qu’une proposition de baisse massive des charges qui pèsent sur les entreprises d’environ 40 milliards.

Jean-Frédéric Poisson :

De loin le grand gagnant de ce débat selon moi, posé calme, arborant un calme et un sérieux durant tout le débat.  Il a été notamment remarqué pour ses prises de positions radicales sur la civilisation islamique:

« La civilisation islamique pose problème à la République française parce qu’elle pose des questions, elle défend des principes qui sont incompatibles dans une large mesure avec les principes de la République Française. »

Il a élevé quelquefois le débat, prenant la défense des syndicats lorsque leur efficacité était remise en cause, mais aussi en proposant des peines d’inéligibilité pour des élus pendant l’exercice de leur fonction.

On peut dire sans hésiter que le président du parti « Chrétien-Démocrate » fut la plus grande surprise de ce débat, peu ou pas connu des français il restera dans les mémoires de ceux-ci.

En bref :

Pour ma part, cette première joute politique fut l’occasion d’observer globalement les propositions de chaque candidat. Certains me séduisant plus que d’autres, oui, je peux vous le dire maintenant mon choix est fait. Je déplore cependant pour l’instant l’absence de la jeunesse dans le débat, reste à savoir si cela sera au programme dans le prochain. Rendez vous le 17 Novembre !

A suivre…

L’incorrect

Illustration de : Térence Ghiglione-Winterstein

¹ Présentatrice du débat avec Gilles Bouleau (TF1) et Alexis Brézet (Le Figaro). Elisabeth Martichoux est journaliste à RTL.

           

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. tom dit :

    bonjour, merci pour les informations

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