« Jeunes de France, je vous ai compris ! »

Jeunes de France, je vous ai compris !

Qu’est-ce qu’on s’amuse en politique ! Des prévisions certaines jusqu’au jour J, puis des rebondissements incroyables. Et ce soir, on entre enfin dans le vif du sujet : le premier tour des primaires est arrivé ! Trois candidats toujours en lice, et un éternel favori qui, à la surprise générale, perd la première place : Alain Juppé. On s’était habitué à l’imaginer vainqueur, mais les français lui ont préféré un autre. Qui est celui, qui, par le coup du sort, aura peut-être seulement frôlé l’Elysée ?  « Péju », c’est un vieux loup de mer qui mise sur son expérience. Habitué de la politique, ayant assuré de multiples mandats de ministre, dont le poste ultime de Premier ministre sous Chirac, il est également maire de Bordeaux depuis 2006. À 71 ans, il se présente comme le candidat d’une caste précieuse par ses voix nombreuses, qu’on aime dire incomprise mais qui reste redoutée et mystifiée par ceux qui n’en font pas partie : les jeunes… Juppé, c’est un politique qui ne considère pas « les jeunes » comme de simples fumeurs de shit dont le portable est un prolongement du bras. Juppé, c’est un politique qui nous voit comme des citoyens, « la figure de ce qui pourrait être l’avenir » (avouez que c’est plutôt sympa), de futurs entrepreneurs qu’il faudrait encourager. C’est pourquoi le 8 octobre dernier à Montrouge, un unique meeting était spécialement dédié aux jeunes, et la Mouette y était.

Organisé par l’équipe des « Jeunes avec Juppé », qui accompagne le candidat dans sa course à l’Elysée,  ce meeting était réalisé sous la forme de présentations et mini-débats avec des entrepreneurs jeunes, avant le très attendu discours du candidat. Une responsable du logement jeune, un artisan chocolatier, la créatrice d’une startup tournée vers le numérique… des invités à l’image des ambitions de Juppé.

Que souhaite vraiment Juppé ?

« Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté ». En citant du Churchill dès le début de son discours, le candidat annonce la couleur de ce qui devait suivre, un message d’espoir en l’avenir chez ceux qui seront amenés à le construire. Pour provoquer le « sursaut de la France », après un mandat d’une gauche envers laquelle il est très critique, il évoque ses propositions.

Education : Contre le décrochage scolaire et l’illettrisme, il souhaite réduire l’effectif des classes de primaire. Développer l’apprentissage en alternance est également l’une de ses priorités, et pour lutter contre les préjugés persistants à l’égard de ces spécialisations, il souhaite voir des intervenants aller à la rencontre des parents de collégiens, et leur fournir de réelles informations à ce sujet. Pour l’entrée à l’Université, il refuse la sélection par l’échec, et valorise la réorientation.

Logement : Aider au financement du logement étudiant pour lutter contre un chiffre qui fait tache : 7 jeunes sur 10 auraient des difficultés pour payer leur logement aujourd’hui en France. Pour ce fait, il mise sur l’intergénérationnel, avec le partage de logement entre retraité seul et étudiant. De plus, et cette déclaration a su faire vibrer de joie les drapeaux tricolores et mains géantes en mousse des spectateurs (oui, un meeting de Juppé ça a quelque chose du match de foot), il annonce vouloir supprimer les cotisations sécurité sociale des étudiants.

Sécurité : Pour Juppé, le renforcement de la sécurité va de pair avec un renforcement des services secrets et des moyens pour la justice, dans le but de mener à bien la lutte contre le terrorisme.

Les problématiques évoquées restent classiques, l’originalité du discours de Juppé réside dans la seconde partie. Après avoir évoqué les grandes lignes de son programme, il s’adresse aux jeunes sans détour, pour leur montrer ce qu’il attend d’eux d’un ton presque paternel, empli d’une certaine autorité bienveillante.

Que doit-on faire ?

Pour l’homme d’Etat, le rôle citoyen de chaque jeune de France réside dans l’engagement.  

S’engager dans la vie politique jusqu’à inventer la « démocratie numérique », faire de notre vie culturelle « un rempart contre l’obscurantisme et le fanatisme », et entrer activement dans le monde de l’entreprise, puis faire se développer l’économie numérique, autant que l’économie durable.

À tous ces devoirs éreintants, « Je n’ai pas le temps, j’ai piscine. » pourrait être la réponse la plus spontanée. Mais à travers ces mots, et l’intérêt particulier que le politicien porte à la jeunesse, c’est davantage un encouragement à regarder l’avenir avec confiance qui nous est proposé. Les sondages, les mêmes qui prédisaient la victoire d’Hillary Clinton à la présidentielle américaine, affirment, peut-être avec raison, un désintérêt prononcé de la jeunesse pour la politique. Les élections de 2017 sont l’occasion de les démentir. Voter pour la première fois, pour la première fois se sentir citoyen et décider, si de Juppé ou des autres candidats vous préférerez la gouvernance, là est la véritable liberté. Les élections de 2017, c’est l’occasion de transformer un « je n’ai pas le temps j’ai piscine », en un « je n’ai pas le temps, j’ai meeting ».

Alice Bergoënd

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