Théâtre, flirt et plus si affinités

Une fois de plus le mois dernier, le théâtre de Saint-Maur nous ouvrait galamment ses portes pour découvrir une des créations théâtrales à l’affiche. Histoire de Nana est une pièce surprenante, un morceau de bonne humeur qui donne le sourire et éventuellement une bonne note au bac français ! Deux bonnes raisons pour courir la voir, que vous soyez en Première et noyés dans vos révisions, ou simplement désireux de pouvoir admirer dans la discrétion du noir de la salle la superbe Barbara Probst qui ne quitte pas son corset de la pièce (on vous le promet).

De quoi ça parle ? Florence Camoin parvient à mettre en scène de manière originale le roman pourtant vu et revu de la série des Rougon-Macquart, Nana. Dans la France du 19ème siècle, Nana, jeune fille de Gervaise, l’héroïne de L’Assommoir, comprend que pour parvenir à élever seule son fils dans la société cruelle de la première révolution industrielle, elle n’a d’autre choix que de se prostituer. S’étant fait remarquer dans un petit théâtre, elle devient l’objet du désir de tous les hommes, dont elle brise le cœur un par un, hésitant entre toutes leurs richesses (qu’elle fait fondre en un clin d’œil) et l’amour de son comédien, au porte-monnaie et à l’intellect d’un vide abyssal. Pour sa première apparition sur scène, elle est nappée dans une toge d’un style antique et d’un ridicule hilarant alors qu’elle achève sa mélodie avec une voix de crécelle remarquablement insupportable.

Une pièce pour tout le monde (du moment que vous avez plus de douze ans et que vous pouvez maîtriser vos hormones) : Cette pièce engagée vous plaira quel que soit votre bord politique. Si vous supportez Fillon, cette femme oisive à qui on offre millions et emploi fictif au « Théâtre des Variétés » vous rappellera de bons souvenirs. Si vous êtes fans de Nathalie Artaud et de sa vindicte anti-capitaliste, vous aimerez la dénonciation acerbe de la misère du monde ouvrier de l’époque que fait Zola à travers le personnage de Jojo. Si vous préférez le loufoque d’un Lassalle, vous aimerez les quiproquos farfelus, et pour les macronistes, le double jeu de la mise en scène entre respect des écrits du naturaliste et créations modernes vous comblera.

Ce qu’on a préféré : La volupté musicale contraste avec l’humour parfois un peu lourd de la pièce, où les blagues de comptoir viennent se heurter à l’harmonie des notes. Difficile de faire autrement quand le niveau est tel. Les trois musiciennes ont apporté toute sa fraîcheur à la pièce, et leur virtuosité a conquis une grande partie du public. Quelques imperfections donc mais la magie reste au rendez-vous et plus qu’un nanar théâtral, c’est une Nana magistrale.

Alice Bergoënd

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