Une journée pour les Femmes

Paris-Sorbonne, cette illustre université Française des lettres, d’arts et de sciences humaines, est aussi un lieu où se déroulent de nombreuses conférences pour tous. Son président actuel, Barthélémy Jobert, historien de l’art Français, a ainsi ouvert les portes de ses amphithéâtres pour accueillir trois conférences dans le cadre de la Journée des Droits des Femmes. Pour ceux qui veulent gagner deux-trois points en Histoire, petite anecdote: une légende énonce qu’une manifestation d’ouvrières américaines aurait eu lieue le 8 mars 1857 et serait à l’origine de cette journée internationale. Par la suite, au début du XXème siècle, s’organisent de nombreuses luttes ouvrières et manifestations de femmes réclamant le droit de vote, de meilleures conditions de travail ainsi que plus d’égalité entre les femmes et les hommes. Pourtant, l’Histoire retiendra surtout le discours de Clara Zetkin, une enseignante, journaliste et femme politique Allemande qui souhaitait instaurer une « Journée Internationale DES Femmes ». Cependant, cette perspective jugée trop révolutionnaire pour l’époque ne sera véritablement mise en place que le 8 mars 1945.

De nos jours, nous retrouvons beaucoup de personnes engagées pour les droits des femmes comme Emma Watson, ambassadrice des femmes à l’ONU, Oprah Winfrey, qui s’était engagée pour soutenir l’éducation des filles en Afrique mais aussi une jeune étudiante en Licence 3 de Droit à Paris 1, Jehanne Dussert, fondatrice des Ateliers de la Sorbonne et qui est à l’origine de ces trois conférences en partenariat avec l’Association française des femmes juristes.

Ainsi, vendredi 3 mars 2017, La Mouette s’est rendue à l’un des Ateliers de la Sorbonne : les solutions face au sexisme ordinaire. De nombreuses personnes se sont senties concernées. En effet, plus de 80 personnes étaient présentes dont 10 hommes.

Tout au long de la conférence, sont intervenues quatre professionnelles – Isabelle Floch, psychanalyste, Sylvia Cleff le Divellec, consultante en égalité femme-homme, Hélène Christidis, avocate pénaliste et Claire-Marie Foulquier-Gazagnes, Elections Strategist chez Google et ancienne présidente de Women Work. Toutes ont voulu, grâce à leurs expériences et leur profession respective, nous expliquer en quoi les violences faites aux femmes ne doivent pas avoir lieue dans notre société. Et surtout comment agir contre ces violences.

Tout d’abord, la femme est toujours vue comme «l’autre» par rapport à l’homme. Et l’autre fait peur car il nous est étranger. Les femmes se révoltent donc contre cette idée. De plus, il y a aussi «un refus des femmes de se supporter comme objet de désir» . Mais attention à ne pas tomber dans l’excès: aux États-Unis par exemple, la vision du consentement est différente de celle des Français. Pour entamer une relation intime, il faut le préciser et l’officialiser pour éviter qu’un geste soit mal interprété. Dans ce pays, les femmes ont des réactions trop exagérées et nous devons faire attention à ne pas tomber dans l’excès. On parle d’une criminalisation de l’expression du désir. De plus, nous vivons dans un monde où le fantasme est devenu ce que l’on peut réaliser. Avant, pour ce qu’on rêvait de faire, nous ressentions de la culpabilité et nous allions nous confesser. De nos jours, tout est accepté et si ce n’est pas le cas, on vous traite de «coincé-e».

Du coup lorsque la dimension du fantasme disparaît, il y a danger car le lien entre l’irréel et le réel est rompu, le lien entre l’inconscient et le conscient est rompu. Cela reprend la fameuse théorie de Freud : «Le Surmoi, le Moi et le Ca». Le Ca exprime les pulsions de l’être humain – le Surmoi contrôle le Moi – le Moi c’est celui qui ne cherche pas les conflits, celui qui s’intègre à la société. Et lorsque le Ca est présent, les pulsions, donc tout ce qui relève du fantasme est brisé et l’esprit n’est plus contrôlé.

Désormais les femmes ripostent face au sexisme ordinaire. Mais si la réaction face à une insulte est disproportionnée, le mot injurieux peut devenir vérité puisque la femme qui se sentait visée et coupable se rabaisse au niveau de l’insulte. Cette réaction donne donc de la consistance à l’injure. Ainsi, méfiez-vous, pour n’importe quelle insulte sexiste qu’on peut vous faire, vous ne la méritez pas mais agissez proportionnellement à celle-ci.

La condition de la femme dans la société a évolué. En effet, la consultante en égalité femme-homme, et également juriste allemande, nous explique que durant toutes ses années d’études elle n’a rencontré aucune enseignante en droit. Il n’existait aucun modèle pour les étudiantes donc aucune véritable motivation pour faire des études plus poussées. Aujourd’hui, il existe de nombreuses associations pour soutenir les femmes dans leurs projets professionnels, telles que le Women Work ou d’autres….

Après ces différents témoignages, la parole fut donnée au public. De nombreuses questions intéressantes ont été soulevées. Cette conférence a permis à chacun de s’exprimer et d’obtenir des réponses et des solutions face à un problème actuel et qui nous concerne tous, le sexisme.

Rita Guérin et Emma Trotin

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