Un candidat (presque) parfait?

« Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 258 variétés de fromage ? »

déclarait Charles De Gaulle. Les élections présidentielles de 2017 reflètent bien la diversité du paysage politique français, entre des candidats d’extrême droite, conservateur, centriste, socialiste ou communiste, et des professions aussi diverses qu’ancien banquier chez Rothschild ou berger des Pyrénées. Pour vous, la Mouette s’est rendue au Grand Oral des Candidats organisé par le Parlement des Étudiants pour en apprendre un peu plus sur le programme des neufs candidats représentés.

Nathalie Arthaud :

« Je ne veux pas épargner la bourgeoisie et la classe capitaliste parce que je suis communiste. »

Cette professeure d’économie et de gestion, trotskiste et candidate de Lutte Ouvrière, ne souhaite pas s’installer à l’Élysée mais se présente tout de même une deuxième fois aux élections présidentielles. Elle propose d’interdire les suppressions d’emploi dans les entreprises qui font des profits. Si les entreprises refusent, elle exige que l’État les réquisitionne; un moyen sûr pour s’assurer qu’elles ne feront plus de profits…

Nicolas Dupont-Aignan  :

« Quand on est gouverné par des nuls, ça se voit. »

Parole relâchée, veste assortie à la cravate et propositions qui claquent, autant vous dire que l’énarque de 56 ans avait mis tous les atouts de son côté pour séduire la jeunesse du 16ème. Se sachant en territoire hostile, le candidat de Debout La France a résumé ses 51 projets pour l’économie et le travail en quelques joutes verbales. De ce flot de parole en sont ressortis quelques points notable tels que « l’augmentation des salaires nets de 10% » ou encore le « dopage de l’apprentissage ». Montrant à cette jeunesse en mal d’idéal politique, main de fer dans un gant de velours en matière d’économie.

Benjamin Griveaux pour Emmanuel Macron :

« L’éducation est le plus grand échec politique de ces 40 dernières années. »

L’éducation, ça le connaît ! Le candidat du parti En Marche ! est en effet marié à son ancienne professeure de français de vingt-quatre ans son aînée.  Son programme pour l’éducation est plutôt marqué à gauche : il souhaite recruter 4 000 à 5 000 nouveaux enseignants, revoir la réforme du baccalauréat, plus de mixité sociale dans les établissements scolaires. Sur les questions économiques, il se démarque en revanche du parti socialiste avec une démarche bien plus favorable aux entreprises.

Alain Chrétien pour François Fillon :

« Notre seul gage de sérénité dans notre pays, c’est le respect du droit. »

Le candidat des Républicains veut clarifier, organiser et renforcer la justice autour de trois axes : la simplicité, l’efficacité et l’indépendance. A noter que ce dernier point a bizarrement été retiré récemment. Bien évidemment sans aucun lien avec ses derniers déboires ! Fillon propose aussi et surtout une réforme économique libérale afin de redresser le pays.

Marion Maréchal-Le Pen pour Marine Le Pen :

« On impose des normes aux producteurs français supérieures à celles imposées aux producteurs européens. »

Sous un cœur d’apparence froid et insensible aux changements climatiques qui s’opèrent, la candidate du Front National semble pourtant s’intéresser de près à l’écologie. On peut compter pas moins d’une douzaine de propositions écologiques. Le chiffre peut prêter à sourire puisque cela ne représente que 10% de ses engagements totaux. Au programme patriotisme économique, un refus de la TAFTA / CETA, un maintien du nucléaire avec en touche finale une protection animale érigée en priorité nationale. Reste à savoir si les Tidili marocaines (bovins) resteront en France au terme du mandat de la candidate frontiste.

Jean Lassalle :

« Si je suis Président, je retirerai toutes les troupes Françaises du Proche Orient. »

Ce berger béarnais, président de l’Association des Populations des Montagnes du Monde, propose une politique internationale plus qu’originale. Il prend la défense du dictateur Bachar Al-Assad qu’il a rencontré en janvier dernier, estimant qu’il n’est pas le seul responsable de la crise syrienne. A quand un jumelage entre Pau et Damas ?

Aurélie Filippetti pour Benoît Hamon :

« Ce n’est pas en construisant de nouvelles places de prison qu’on réglera le problème. »

L’ancien ministre de l’Éducation a su surprendre avec quelques positions osées qu’on ne lui pensait pas, telles que la reconnaissance de la Palestine par la France. Zigzaguant en terrain miné entre la création d’alternatives à la prison et une augmentation du budget de la défense et de la sécurité, le candidat socialiste tente d’incarner une gauche sociale mais intransigeante vis à vis du pouvoir judiciaire. Une position parfois ambiguë oscillant entre fleur à la main et fleur au fusil.

Jacques Cheminade :

« Il faut faire sauter le verrou économique qui pèse sur les étudiants. »

A 74 ans, le doyen des candidats et fondateur du parti Solidarité & Progrès, décide de se concentrer sur la jeunesse. Il est pour une mise en place du RSA pour les jeunes de 18 à 25 ans qui ont le droit d’en bénéficier, d’allocations d’études pour tous les étudiants s’élevant à 600 € par mois sur 36 mois et favorable à l’ouverture du Revenu de Solidarité Active aux jeunes de 16 à 25 ans.

David Guiraud pour Jean-Luc Mélenchon :

« L’Europe de nos rêves n’est pas… »

L’Europe, vaste sujet, vastes frontières, que Jean-Luc Mélenchon s’applique à traiter dans son livre L’Avenir en commun, nouveau petit livre rouge de tout bon citoyen de la VIème République qui se respecte. L’ancien sénateur dresse deux ambitions pour une nouvelle Europe : un maintien sous conditions ou une sortie à l’issue d’un référendum. Reste à savoir si les dirigeants européens se plieront aux exigences du candidat du Front de Gauche.

Au final, il n’est pas sûr que des programmes aussi divers aient un impact fondamental.

Beaucoup d’entre eux partagent probablement la même philosophie politique de Jacques Chirac qui proclamait que “les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent”.

Adèle Eymond-Laritaz, Benjamin Audidier et Audrey Bonnardot

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