Interview Spéciale Législatives : circo 9408

Alors que la campagne pour les législatives bat son plein, Joao Martins Peirera, candidat suppléant du PS sur la 8ème Circonscription du Val de Marne, a accepté de répondre aux questions de la mouette. Âgé de 21 ans, cet étudiant de HEC passé par Berthelot, revient sur les sources de son engagement politique, et sur ce qu’il pense des attentes des jeunes vis-à-vis des partis.

Bonjour, pour commencer, je pense que les lecteurs seraient intéressés par les raisons de votre engagement politique.

Je suis né au Portugal, et je suis arrivé en France à 1 an. J’ai donc grandi dans une double culture. C’est cette double culture m’a permis de constater les différences entre le régime portugais et le régime français. Ce sont deux mondes différents. Je me suis donc intéressé à la politique par comparaison : pourquoi au Portugal ça marche comme ça, et en France ça marche comme ça. Ensuite, je me suis dis que j’aimerais bien aider les gens. Par mon travail, j’ai pu faire des écoles et accéder à des choses auxquelles certains n’ont pas le droit. Je ne trouvais pas ça juste, car certains pourraient y arriver si on les aidait. Par exemple, à l’école, l’égalité des chances, c’est actuellement de la théorie. Je voulais donc toucher le plus de gens, régler le plus de problèmes, et faire changer les choses. Voilà, c’est mon moteur. Aujourd’hui, je suis à HEC et je m’oriente vers ça. Ce que je fais, ce n’est pas pour mon confort personnel : je fais avancer les choses.

61 % des jeunes électeurs ne sont pas allé voter aux élections présidentielles. Dès lors, comment renouer le lien avec la jeunesse ?

Je crois qu’il y a une grande erreur qui est faite actuellement, c’est de croire que le lien avec les citoyens, et notamment avec les jeunes, ne se fait qu’au moment des élections. Je trouve que c’est une erreur, car pour interroger les gens et notamment les jeunes, il faut être près d’eux, et aller vers eux entre les échéances électorales. Il faut donc que le politique se rapproche du jeune pour l’intégrer dans la vie politique, en créant, pourquoi pas, des structures au niveau des municipalité. Il faut aussi qu’il parle au jeune lui-même de ses problèmes. Par exemple, lors des élections présidentielles, on ne lui a pas assez parlé des difficultés qu’il rencontre, Alors qu’on connaît bien les problèmes liés au chômage des jeunes, à la formation, et au logement. Ne pas en parler c’est dire qu’il n’y a pas de jeunes, ou qu’il n’y a plus de problèmes pour la jeunesse. Je pense donc que les jeunes ont leur rôle à jouer sur les décisions qui les touchent particulièrement.

Mais pensez vous que ce sont les partis traditionnels comme le PS qui vont apporter des solutions à la jeunesse? Finalement, les « partis de carrière » incarnent-ils encore vraiment l’avenir ?

Les partis doivent changer leurs pratiques en mettant plus de démocratie qui va vers le bas. De plus, il faut la fin de la « tambouille » interne à laquelle quelques-uns ont droit. Si on arrive à faire ça, on aura fait un grand pas en avant. Ensuite, il faut que les partis arrêtent de se consulter de manière fermée. Aujourd’hui, quand on a une réflexion, on réunit les adhérents. Au contraire, je pense qu’il faudrait davantage aller voir les gens, leur dire que même si nous sommes marqués politiquement, nous sommes complètement ouverts. Il faut leur demander de discuter avec nous. Aujourd’hui on a l’impression que les partis ne sont là que pour dire ce qu’ils pensent. Mais à l’origine, il faut d’abord qu’ils écoutent ce que les gens pensent. Ensuite, on pourra formuler des propositions. Je pense enfin qu’il faut un renouvellement des personnes. Je crois qu’au sein des partis, il y en a un petit peu marre d’avoir des gens qui sont là depuis 20 ans et qui n’ont rien fait. je ne suis pas tout à fait dans la logique du dégagisme de Mélenchon, car quand quelqu’un est bon, il est dans l’intérêt du pays qu’il continue son travail. Mais voilà, au sein des partis, certains ont leur chasse gardée sans aucune justification depuis des décennies.

Vous pensez que les jeunes sont les seuls à pouvoir amener des idées nouvelles ?

Sans les jeunes, c’est compliqué, c’est indéniable. Maintenant, il ne faut pas voir la jeunesse comme intrinsèquement porteuse d’idées nouvelles. Parfois, elle recycle d’anciennes idées. il faut donc mettre en avant la jeunesse qui a des idées nouvelles, et pour cela, il faut diversifier les types de profils et d’opinion. Aujourd’hui, à l’Assemblée nationale, avec l’archétype du député, il ne faut pas s’étonner de retrouver toujours les mêmes schémas. Il a été prouvé que diversifier les profils ne faisait aller que dans le bon sens. Il faut donc, comme au PS ou à En Marche !, Promouvoir la parité.

Justement, l’Assemblée Nationale n’est constituée que de 4 % de jeunes entre 18 et 25 ans, alors qu’ils représentent 19% de la population française. Soutenir des candidats âgés, ce n’est pas soutenir un système qui met les jeunes à l’écart de la politique ?

Ma candidate titulaire n’a que 46 ans, ce n’est pas tout à fait âgé. Mais en effet, notre candidat sur la 6ème circonscription, ça fait 20 ans qu’il est député. Moi j’ai 21 ans [rires]. Maintenant, il y a très peu de jeunes qui se portent candidats, car il y a chez eux un désamour électoral. Parfois pour trouver un jeune candidat, il faut se lever de bonne heure.

Propos recueillis par ©Jérémy Tournellec

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s