LA MOUETTE BÂILLONNEE N°45

Alors que nous rentrons de nos vacances revigorantes et bonnes enfants, marquées par un halloween plein de citrouilles rigolotes et de clowns tueurs armés de tronçonneuses, voilà que nous découvrons un établissement différent. Souvenez-vous de la tête de Marcelin Berthelot, le mois dernier, quand la sonnerie avait retenti dans les couloirs, marquant deux semaines de délivrance. Il était heureux ce bon vieux chimiste. Lui qui avait révolutionné sa discipline ne manquait pas de se baigner outrageusement dans l’azure huileux du ciel, et de se frotter, le sourire aux lèvres, avec des savons nuageux. La vie était belle. Tout était beau.
Aujourd’hui, alors que novembre s’est installé, cette humeur de fête a complètement disparu. Ses traits semblent s’être creusés, le ciel a tourné au gris souris, le soleil, avec qui il entretenait des discussions endiablées, avait pris ses valises pour les Bahamas, et enfin, les arbres de la cour ont perdu leurs feuilles. Le voilà désormais chauve !
Tandis que nous voyons, chaque jour, sa façade dégouliner de larmes de pluie, notre humeur, elle aussi, dégringole. Imaginez : 18% des Français vivent une déprime hivernale dès le mois de novembre. Sous nos manteaux, trempés par les pleurs de notre cher ami, nous tentons tant bien que mal de retenir nos fiches pour le prochain DS de s’envoler. Et puis mince, le vent est trop fort, et voilà ces bouts de papiers qui tourbillonnent parmi les feuilles orangées, avant de tomber dans la marne déchaînée. De toutes façons, nous ne l’avions pas assez révisé ce cercle trigonométrique.

Longtemps, cette situation a désemparé la mouette. Imaginez la, cette petite bête, perchée sur les épaules d’un Marcelin sous anti-dépresseurs, à observer les ballets d’élèves zombifiés. Elle aussi, était triste, et perdait ses forces à vue d’œil. Chacune de ses journées étaient désolantes, et elle s’endormait sans bruit dans la monotonie de sa vie.
Et pourtant, le 6 novembre, elle eut un déclic. Alors qu’elle venait, comme à son habitude, de se cuisiner un ragoût de poisson, un rayon de soleil fendit la brume et vint atterrir près d’elle. Étonnée par ce changement soudain de météo, elle sentit monter en elle l’envie de se rendre à l’entrée de l’établissement, voir ce qui se passait.
Encore fatigué par sa nuit passée à ruminer, le volatile eu du mal à atteindre les grandes portes de l’établissement. Seulement, quand il arriva, il ne fut pas déçu.
Alors qu’il ouvrait timidement les yeux sur le perron de Marcelin, un vent de fraîcheur le décoiffa complètement. Sous le choc, et surtout étonné, il se recroquevilla, et pris doucement conscience que, face à lui, se formait une tornade vrombissante de folie, drainant avec elle des centaines d’élèves. Alors que ce Harvey déroutant passait peu à peu en catégorie 47, il tenta d’observer la foule, où il pût discerner des clowns, des mexicains dopés aux Doritos, des Bobs l’éponges, serrant chaleureusement la main à des requins baleine, et un Jean Claude Van Damn s’adonnant à sa passion : voler la planche de Brice de Nice.
Tous paraissaient si heureux. Marcelin et la mouette étaient heureux.
Depuis ce jour, qui marqua la renaissance de la mouette, cette dernière s’attacha à motiver ses équipes. Même si l’actualité et notre quotidien n’étaient pas toujours resplendissants.  Il fallait donner du plaisir aux gens, les faire rêver, et les faire rire.
Vous voulez savoir si elle a réussi son pari ? Tournez la page !
Jeremy Tournellec

LMB_N°45

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