LA MOUETTE BÂILLONNÉE N°48

Pour beaucoup de Bertholiens, la journée du lundi 23 Avril ne débuta pas de manière innovante ou transcendante. Réveillés à l’aube par la pluie battante, arrivés en retard suite à la panne du 306, nous étions loin d’imaginer que, de l’autre côté du globe, naissait une amitié.

Car oui, alors que nous nous enfermions dans la morosité quotidienne et que nous nous plaignons, notre glorieux président venait de retrouver son gros correspondant Américain : Donald.

Que ces retrouvailles furent émouvantes ! Dès l’atterrissage du fameux «air sarkho», les deux hommes tombèrent dans les bras l’un de l’autre. Leurs odeurs mutuelles, enfin réunies lors de cette accolade affective, ne manquèrent pas de faire éclore les fleurs de tout Washington, et de répandre un parfum de bonheur sur l’Amérique toute entière. Dans une synergie inédite, ils décidèrent d’aller faire du jardinage et de planter un chêne. Cet arbre fut béni par les dieux : Macron était un dieu.

Le repas qui suivit fût, dit-on, le plus fastueux banquet depuis la Rome antique. La nourriture était partout : des grappes de raisin aux pesticides débordait des coupes et le porc aux antibiotiques côtoyait fièrement du maïs à la Monsanto. À la fin du repas, Jupiter promis à son ami orange que ce serait lui qui l’inviterait la prochaine fois.

Seulement, voilà. Les jours passèrent, et le président, inquiet, ne recevait plus de nouvelles. Tourmenté, il en vint à se questionner sur leur amitié.

Comme dénouement, Macron reçu une missive de l’orange Texane. Ce dernier lui annonça que leur amitié avait rendu Mélania jalouse et qu’il avait donc été sommé par sa femme de détruire sa “bromance”. Pour ce faire, il avait décidé de quitter l’accord sur le nucléaire Iranien.

Cette nouvelle, vous n’en doutez pas, ne manqua pas d’anéantir Macron. En effet, si son amitié venait de voler en éclat, ce départ de l’accord de Vienne représentait surtout un vrai problème stratégique pour la France. Ce JCPoA signé par Obama et par les membres du P5 plus l’Allemagne convenait de lever les sanctions internationales pesant sur l’Iran en échange d’une limitation drastique de ses recherches sur la bombe atomique. Suite à cette avancée, les entreprises occidentales, dont Françaises, se sont engouffrées dans ce nouveau marché : Airbus a reçu des commandes pour 100 avions, et Total y a investi 1,1 milliards d’Euros.

Si ce retrait nous touche, c’est à cause de l’extraterritorialité du droit Américain. En effet, la première puissance économique mondiale a les moyens juridiques de punir toute entreprise ayant affaire avec un pays visé d’embargo Américain, et utilisant le dollar dans ses transactions. Cette particularité fait donc peser sur nos entreprises la menace de très lourdes amendes -comme la BNP en 2015 forcée de payer 9,5 milliards de dollars- sans que nous ne puissions rien faire.

Si Macron semble être sans armes –ou presque– face à l’instrument de la superpuissance Américaine ; vous, pouvez toujours apprendre des choses ou rire bêtement en tournant la page. Alors allez-y, lisez la nouvelle histoire de la mouette !

Jeremy Tournellec

N°48

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