L’influence d’anciens nazis au Proche-Orient

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les criminels de guerre nazis ont été poursuivis dans le monde entier, cependant quelques pays en Amérique du Sud, notamment, ont été ravis de leur donner refuge. Ainsi, l’Argentine, le Chili, l’Uruguay, le Venezuela, la Bolivie et l’Equateur ont accueilli à bras ouverts des dizaines de milliers de criminels nazis ayant fui l’Europe par les réseaux d’exfiltration allemands. En revanche, ce que l’on sait moins, c’est que d’anciens haut-gradés nazis ont également été exfiltrés dans certains Etats au Proche-Orient.

 

Tout d’abord, en Syrie, Aloïs Brunner, un criminel nazi, responsable de la déportation vers Auschwitz de 56 000 juifs de Vienne, 43 000 de Salonique, 14 000 de Slovaquie et 23 500 de France est décrit dans les mémoires d’Adolf Eichmann, architecte de la solution finale, comme étant son « meilleur homme ». Ainsi, Aloïs Brunner se réfugie en Syrie sous le pseudonyme de Georg Fischer et un pacte formel se noue, en 1966, entre lui-même et Hafez el-Assad, le père de Bachar el-Assad, alors ministre de la Défense. Ce pacte a permis au criminel nazi de finir ses jours sous la protection du clan Assad en échange de son ”savoir-faire”. Cinq ans plus tard, Hafez-el- Assad s’empare du pouvoir et, avec l’aide d’Aloïs Brunner, met en place un appareil répressif d’une rare efficacité reposant sur l’usage d’une terreur sans limites contre les détracteurs du régime syrien. Cette terreur est entretenue par les services secrets syriens, les “moukhabarat”, formés par le nazi et qui pratiquent la torture pour les opposants du régime, en utilisant des techniques nazies comme « la chaise allemande » qui consiste à attacher la victime sur une chaise équipée de charnières, tandis qu’on lui étire le dos jusqu’à la rupture. Notons que la révolution syrienne est née de la torture. En effet, en mars 2011, quinze adolescents sont arrêtés par les moukhabarat pour avoir tagué un graffiti anti-Bachar. Cette terreur figure dans l’ADN même du régime qui n’a pas hésité à utiliser son arsenal d’arme chimique sur les civils pris en étau entre la terreur du régime et celle des organisations terroristes. Voilà donc l’héritage, qu’a laissé Aloïs Brunner sur la Syrie : Un pays sous contrôle d’un régime dictatorial, des centaines de milliers de morts et une crise migratoire en Europe.

 

Cependant, la Syrie n’est pas le seul État au Proche-Orient ayant utilisé des criminels nazis, Israël et l’Egypte l’ont aussi fait.

 

En effet, en 1959, Gamal Abdel Nasser, président de la République d’Egypte, pire ennemi d’Israël dans les années 60, cherche à acquérir des armes de haute technologie. C’est pourquoi il va faire appel aux scientifiques nazis responsables du développement des missiles V2 pendant la Seconde Guerre mondiale, qui sont tout disposés à l’aider tant leur antisémitisme et leur haine pour Israël les motivent. Ainsi, ils sont amenés au Caire pour développer de nouveaux types de missiles qui représentent une menace directe pour le jeune Etat hébreu. C’est donc dans un contexte où les criminels nazis sont traqués dans le monde entier, que le Mossad, le service de renseignement israélien, recherche un ancien haut-gradé nazi dont les Allemands ne se méfieront pas. Ils débauchent Otto Skorzeny, ancien officier de la Waffen-SS, commandant de la Wehrmacht et aussi, l’un des officiers favoris d’Hitler. Ce dernier est recruté par le Mossad qui lui propose la vie sauve contre l’adresse exacte des scientifiques nazis présents en Egypte. Quelques heures, plus tard, les techniciens et scientifiques allemands se trouvant en Egypte sont assassinés et même le responsable du programme d’armement égyptien est kidnappé par le Mossad, on le reverra plus jamais. Résultat, en janvier 1965, il n’y avait plus de scientifiques allemands sur le territoire égyptien et Otto Skorzeny, criminel nazi, a pu finir paisiblement sa vie à Madrid où il meurt en 1975. Dans un documentaire d’ARTE sur d’anciens agents du Mossad, la question éthique se pose, si le fait qu’Israël collabore avec un des responsables de la Shoah est moral. Ainsi, le réalisateur demande à un ancien agent du Mossad : “ Vous n’étiez pas révolter de coopérer avec un criminel nazi couvert de cicatrices ?”. Ce à quoi il répond : “Moi aussi, j’en ai des cicatrices”.

 

Lazare MAARAWI

 

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