Une rencontre fortuite

Un dimanche ensoleillé, une terrasse parisienne, on peut parler d’une situation plutôt banale. Oui…mais, non. Ce dimanche 14 octobre, nous, reporters de La Mouette, avons eu l’honneur et l’émotion de remonter le temps. À la recherche de nos origines, nous avons déterré trois archaeopteryxs flamboyants. Trois êtres qui ont à leur manière façonné l’histoire du journal, et dont nous sommes les fiers héritiers… On a un peu fait la causette sur la Mouette de l’époque, plaisanté, assisté à quelques tours de magie imprévus (Paris c’est génial) et découvert quelques anecdotes insoupçonnées… Alors voilà ! Il y a environ sept ans, François Feydy, Guillaume Girard, et Noé Sotto se lançaient dans cette grande aventure : La Mouette bâillonnée ! Ayant alors pour but de découvrir de nouveaux horizons, de prendre leur plume pour une épée ou pour un scoubidou, de voler de leurs propres ailes, et d’atteindre les étoiles, ils en gardent aujourd’hui un souvenir ému : aventure humaine qui les as liées, professionnalisés, leur a permis de belles rencontres, on peut dire que La Mouette a marqué leurs années lycée !

Bonjour, est-ce que vous pourriez vous présenter ? Vos études et puis le rôle que vous aviez au sein du journal ?

F.F : Je suis sorti il y a 2 ans d’une formation DMA (Diplôme des Métiers de l’Art) de Gravure à l’école Estienne, et avec certains amis de ma promo, on a créé un atelier de gravure à Paris, où on mène des projets, on donne des cours etc… J’étais dessinateur à la mouette !

G.G : Moi, je suis en M2 de Politique Publique spécialité Énergie, Ressources et Développement Durable à Sciences Po Paris (rires), et actuellement je suis en alternance et travaille à côté, à l’Assemblée nationale ! (scuse nous..) J’ai percé, j’ai percé (rires). Et à la Mouette j’ai écrit un certains nombre d’articles, plutôt géopolitique, politique, parfois un peu culturel (sur des reportages, un concert, des films…). J’ai écris sur les élections allemandes, les jeux olympiques, la transition énergétique, des trucs chiants comme ça (rires).

N.S : Alors euh.. Moi j’ai fait une prépa, prépa maths, à Louis le Grand, et là je suis à l’ENS en maths. Et au journal j’étais un peu l’homme à tout faire. J’étais toujours là aux réunions, aux distributions, je corrigeais… Et mes articles, c’était plus des billets d’humour ironiques. F.F : Tu vois Guillaume Meurice sur France Inter, bah c’était ça mais par écrit. (rires)

Comment êtes-vous rentrés dans le journal ?

FF : Je crois que c’est Clément (un ami) et moi qui avons fait la première publication. On avait fait une sorte de dessin trop bizarre. Dans un métro.

GG : On est tous les trois rentrés en fin de Seconde. J’étais aussi l’un des premiers à écrire un article : sur le documentaire Les nouveaux chiens de garde, une critique des médias qui m’avait assez inspiré et je me suis dit gros sujet pour la Mouette. Et je crois que votre dessin et un article d’Inès avaient été publiés dans ces eaux-là, en toute fin de Seconde. Au début, on était des petits nouveaux. Inès Ragzallah était déjà au journal, mais c’était pas encore la rédac chef. C’était une Terminale. Qu’est ce que La Mouette vous a apporté dans votre vie actuelle ?

FF : C’était surtout une aventure humaine.

Ns : Ouais c’est vrai ça nous a permis de rencontrer des gens. On était aussi amis en dehors de La Mouette, mais d’y être ensemble, ça nous a quand même permis de vivre des trucs forts ensemble, notamment pendant le festival Expresso, auquel on a participé deux années de suite.

GG : Ça m’a aussi pas mal apporté en terme de suivi de l’actualité. C’est peut-être parce que je m’intéressais à l’actualité que j’ai eu envie de rentrer à La Mouette, mais en même temps, le fait d’écrire un article tous les mois et de creuser un sujet, de lire pas mal de sources sur une question etc… ça m’a bien aidé à m’informer, et été utile dans ce que j’ai fait après. Même si je me suis rendu compte a posteriori que la qualité de mes articles laissait à désirer (rires), et que parfois j’avais pas du tout bien traité le truc, que j’aurais pu être plus critique.

F.F : Par exemple ?

G.G : Je me rappelle d’un article sur la transition énergétique. En fait j’avais cité des trucs du CEA, qui est l’Institut de recherche publique français sur le nucléaire. Et du coup j’étais pas trop critique du nucléaire à l’époque. Lorsque j’ai relu l’article plus tard, je me suis dit que j’avais été bête et que j’avais pas pris assez de recul.

F.F. : Et sinon, moi j’ai commencé à dessiner en 4e, et La Mouette ça m’a motivé à faire plus de dessins, ça les rendait utiles. Surtout que faire des dessins de presse, des caricatures, c’est très différent d’un dessin genre…d’un arbre ou truc comme ça, parce qu’il faut que ce soit critique, que ce soit compris par d’autres gens etc… et donc ça demandait de nombreuses compétences que je n’avais pas. Ça m’a aussi fait travailler mon style.

Il parait que c’est vous, la génération qui a propulsé la Mouette. Comment expliqueriez-vous ces propos ?

F.F : (rires) J’ai jamais dit ça. (Tous les regards se tournent vers Guillaume)

G.G : On dirait que je suis le lobbyiste de l’ancienne équipe. Expert en locutions verbales ! (rires) (en même temps t’es à Sciences Po faut assumer…)

N.S : Ouais, c’est vrai pour la professionnalisation, par exemple la mise en page grâce à Maxence, notre « grand directeur technique » qui pense à nous depuis le Pérou.

F.F : Le maître du bon goût.

G.G : Maxence Andrieux a fait progresser nettement la mise en page, Inès a vraiment instauré une méthode de travail et un rythme solide, c’est grâce à elle qu’on arrivait à sortir un numéro par mois. Elle s’est aussi battue pour qu’on fasse des numéros plus souvent et qu’on augmente le tirage (500 à 1200, et actuellement environ 1800).

F.F : Et au niveau de l’organisation, ça s’est fait au fur et à mesure. On a obtenu un local (ndlr pas celui actuel) dans lequel on faisait des réunions, on avait un ordinateur…

G.G : Mais c’était vers la fin ça.

F.F : Il y avait Inès, la rédac’ chef, mais on avait aussi mis en place un comité de rédaction, qui s’occupait de la relecture, du choix des articles, de la ligne édito.

Et vous étiez populaires à l’époque ?

N.S : Sincèrement, je crois qu’en vrai personne ne lisait nos articles. (rires)

G.G : C’est vrai c’est ça qui est paradoxal on était content d’écrire mais…(rires). J’avoue quand tu marchais et que tu voyais des journaux dans la poubelle, alors que deux heures avant les gens te disaient “merci” lors de la distribution, ça faisait un petit pincement au cœur quand même, mais après c’est la triste vie de l’auteur…

N.S : Oui, c’était quand même les sudokus qui avaient le plus de succès. (rires)

Venons-en à un petit moment délicat, petite piqûre de rappel… après tout ça fait quand même partie de notre histoire. Vous nous parlez de cette histoire d’article antisémite ?

G.G : Euh.. Bah en fait, il y avait un article fait par un Seconde, nouveau, dans une période de rush, où on n’avait pas eu le temps de bien le relire. Il traitait de Dieudonné et il y avait des propos qui était incorrects à tendance antisémite (en 2014). Ça a provoqué une énorme réaction assez compréhensible à Berthelot. Et du coup on a eu une période très difficile où la Mouette a vraiment été attaquée de toute part. Il y a même eu un article sur Mediapart (toujours en ligne) dans lequel on s’est fait « défoncer », il y avait des tracts devant le lycée, des profs en ont parlés… Celui qui avait écrit l’article ne faisait même pas encore tout à fait partie de l’équipe. Il était en Seconde et on avait envie de soutenir les nouveaux. Mais on a vraiment mal géré la situation. Après, ça nous a montré les responsabilités de la presse. On pas le droit à l’erreur quand on imprime un journal…

Lisez-vous la Mouette actuelle ? Et qu’en pensez vous ?

G.G : Ah non je ne la lis pas trop. J’ai perdu contact. Mais je reçois une newsletter de temps en temps par mail. Ouais des fois je reçois des mails de La Mouette. Fiching, hameçonnage ! (rires)

F.F : Bah moi j’arrive à suivre un peu grâce à ma soeur. Je trouve que ça a bien évolué : nous on avait une manière de faire des articles qui ne touchait pas un public très large. On produisait surtout pour nous, et pas trop pour les autres. Alors que La Mouette actuelle, ça plait peut-être plus aux gens.

N.S : Les rubriques font plus journal lycéen, c’est un bon mix.

Parlez-nous un peu de vos participations à Expresso.

G.G : Deux participations, trois titres (rires). Bah c’est vrai ! Meilleur journal la première année, et la deuxième : prix Expresso ainsi que prix de la meilleure animation. Je crois que c’est Inès qui avait eu l’idée de participer à ce festival via l’association Jets d’encre.

N.S : Lors de notre première participation on nous avait mis dans la première catégorie (11-18) et du coup on a gagné. G.G : Voilà. Haut la main (euh ça va les chevilles) comme Zidane en ligue des champions !

F.F : Et après la deuxième fois ils nous ont mis dans la catégorie « grand », justement.

N.S : Et donc on a « uniquement » gagné le prix Expresso. La première fois on n’avait pas d’inspiration du coup on avait fait thème “mouette”, et la fois d’après on avait fait thème “boulangerie”, on avait organisé une bataille de farine c’était génial ! Et grâce à ça on a gagné le prix de la meilleure animation.

G.G : Expresso c’est vraiment une épreuve physique. Tu dors pas, t’écris des articles toute la nuit, c’est incroyable comme ambiance. L’année du bac, on était vraiment crevés.

N.S: Pour Inès et Maxence c’était aussi un vrai moment de reconnaissance, une bouffée d’oxygène, après justement toutes les histoires concernant l’article antisémite.

Et comment s’est passée la fin ? Est-ce que c’était difficile de faire perdurer le journal ?

FF: En fait on avait vraiment un gros problème c’est qu’on était tous en Terminale. On était une dizaine, on se connaissait tous, très bonne ambiance, mais on était tous de la même génération.

G.G : Donc vers la fin on a commencé à ouvrir pour des gens de Seconde, Première. On a vraiment fait un effort pour que la Mouette ne disparaisse pas ! On s’est dit que ce serait vraiment dommage que le flambeau ne soit pas repris. On a vraiment fait une démarche active de lobbying auprès des secondes : on écrivait dans le journal, et on parlait notamment pas mal aux gens… Ils venaient nous poser des questions parce qu’ils avaient envie d’écrire et on essayait de les motiver. Donc ça nous fait trop plaisir de voir que le journal est encore debout aujourd’hui !

Oui et on compte pas se laisser abattre. La Mouette a une histoire, les Lycéens ont du talent, des envies, des passions à partager. Alors, venez créer, découvrir, vous faire des potes. On vous attend et on a déjà plein d’idées !!!

Flore Marsot Lemaire et Alice Feydy, 

Un grand merci à Guillaume, Noé et François (illustration) !

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